Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 19/12/2018  
 
Le Billet Actu (106/161)

Chronique du 04 octobre 2009

Les fondamentaux de la technique vocale

Richard B.(22 ans – baryton, étudiant en chant lyrique)

Bonjour monsieur. J’ai vingt-deux ans et je suis étudiant en chant. C’est M.(X), un ami à moi que vous connaissez, qui m’a communiqué l’adresse de votre site en me conseillant de lire vos billets. J’ai été vraiment très intéressé par plusieurs mais « La technique vocale fondamentale » m’a vraiment accroché ainsi que « J’ai longtemps abusé de ma voix ». Je travaille actuellement le chant au conservatoire de (x) pour préparer le concours du CNSMDP dès que possible. La lecture de vos billets me donne à penser que j’ai plusieurs lacunes dans ma technique. J’en ai reconnu certaines à travers les cas que vous citez. J’aimerais faire un bilan pour avoir votre avis et y remédier si possible. Je suis joignable au (X). Bien amicalement à vous. Richard.

Les billets cités par Richard : « La technique vocale fondamentale » et « J’ai longtemps abusé de ma voix ».

Ma réponse :

Bonsoir Richard. Votre mail a retenu toute mon attention. Je téléphonerai à (X) pour le remercier de vous avoir adressé à moi. J’espère pouvoir vous aider et contribuer ainsi à votre prochaine entrée au CNSMDP. Je vous appellerai demain (il est trop tard ce soir) pour que nous puissions convenir d’un rendez-vous afin d’explorer vos petites incertitudes vocales. A demain. Jean Laforêt.

Le bilan vocal de Richard

Richard est arrivé à notre rendez-vous très à l’heure. Il est grand et mince, très brun avec des cheveux longs. Son regard bleu intense est volontaire et franc. Ce jeune homme semblait à la fois sérieux et très sûr de lui. Il était accompagné - nous en avions convenu lors de notre conversation téléphonique - par un ami pianiste. Il m’avait demandé cela pour pouvoir chanter dans de bonnes conditions le programme qu’il travaillait au conservatoire. J’avais donc bouleversé l’ordre du bilan qui, habituellement commence par une conversation, se poursuit éventuellement par un air chanté « a cappella » et se termine par des exercices ! Aujourd’hui, nous ferions un peu différemment, et… avec pianiste !

Après de rapides présentations, son ami s’est mis au piano et le « concert » a commencé. Richard a interprété dans l’ordre : « L’hymne au soleil » (Rameau) ; « La ballade de la reine Mab » (Gounod) et « Soupir » (Duparc). Accompagné de main de maître, il a chanté « par cœur » ce beau programme.

Sachant par Richard que notre pianiste ne devait pas rester, je n’ai naturellement fait aucun commentaire sur sa prestation vocale devant lui, me contentant de féliciter chaudement ce musicien pour son accompagnement très professionnel. Comme prévu, il nous a quittés peu après, pour se rendre à un autre rendez-vous.

Rapide appréciation

Après son départ, nous nous sommes assis confortablement, Richard et moi, pour parler. Je le sentais impatient de savoir ce que je pensais. (*)

(*) Il avait une voix de qualité, assez puissante et chantait très juste. Il jouissait d’un charisme naturel qui lui conférait beaucoup de présence. L’interprétation était intelligente et sensible. Dès ses premières phrases, j’avais su immédiatement que ce garçon possédait l’étoffe d’un chanteur. Le style des morceaux aurait pu être plus approfondi mais cela n’était pas le plus important ; il n’avait que vingt-deux ans et tout le temps devant lui pour mûrir.

Je lui ai dit tout cela. Il m’écoutait avec attention, attendant sans doute impatiemment le moment où j’allais lui faire quelques critiques. C’était elles qui l’intéressaient ; il ne cherchait pas les compliments mais les moyens de progresser. (*)

(*) Ma seule critique se situait sur un plan général. Il chantait « bien en deçà » des possibilités qui étaient les siennes ! Il existait chez lui un potentiel vocal totalement inexploité car sa technique, simplement amorcée, n’allait pas au bout. Il pouvait obtenir beaucoup plus de sa voix où l’on sentait des « freins » qui n’avaient pas lieu d’être ! Son jeune âge n’avait que peu à voir dans ce manque d’affirmation vocale ! Sa posture de chant m’avait paru aussi assez problématique ; son ventre semblait avoir une tendance prononcée à partir beaucoup trop à l’avant. Il faudrait voir cela de plus près.

Après lui avoir fait part de tout cela, j’ai ajouté :

- Que ressens-tu comme « problème » en chantant ?

- Aucun, rien de vraiment précis. Tout semble aller assez bien ! Pourtant, on dirait que quelque chose me limite. Je me sens coincé.

- En exercices, tu te libères plus ?

- Non, c’est pareil. Pourtant, mon professeur me dit que c’est bien et que ce qui me manque encore viendra tout seul.

- Je n’en suis pas sûr ! Il est incontestable que tu possèdes de belles qualités. Je te l’ai dit et c’est la vérité. J’ai cependant la certitude que tes moyens réels ne sont pas totalement exploités.

- Qu’est-ce qui ne va pas ?

- Rien n’est franchement mauvais mais tu ne chantes pas avec ton vrai potentiel. Cela est dû, à mon avis, à plusieurs choses. Premièrement, à ton Appui qui est loin d’être parfait et aussi à ta place vocale qui manque de précision. De ce fait, ta gorge ne s’ouvre pas vraiment comme il convient dans l’aigu. Ce sont là des points techniques fondamentaux ! Les « préciser » davantage changerait beaucoup de choses dans ton émission.

- Oui, les notes aiguës me causent des problèmes et j’ai aussi beaucoup de mal à faire des pianos.

- Cela ne m’étonne pas.

- Je ressens comme un besoin de repousser des murs. Je me trouve comme sclérosé !

- C’est un peu cela. Bien que tu aies très correctement chanté ton programme - qui n’est pas spécialement facile - je reste persuadé que tes possibilités vont bien au-delà de ce que j’ai entendu tout à l’heure. Le sentiment de « blocage » que tu ressens vient sans doute de là.

- C’est possible ?

- Absolument ! Faisons maintenant quelques exercices. Je voudrais vérifier plusieurs choses en ce qui concerne ta respiration et ton Appui. Pourrais-tu te mettre torse nu et desserrer ton pantalon ?

- Ok !

Torse nu et pantalon desserré, son problème de posture - entre autres - m’a sauté aux yeux ! Richard était vraiment très cambré ; cela, à coup sûr, compromettait beaucoup sa verticalité et gênait également sa respiration et son Appui. (*)

(*) Les bonnes postures développent l’aplomb et l’équilibre dans tout le corps. Les mauvaises font exactement l’inverse !

Les exercices

Nous avons tout d’abord chanté quelques arpèges sur différentes voyelles. Sur « A », nous avons « voyagé » sans problème de la1 à fa3. Une « couverture » était réalisée sur mib3 mais, ensuite, la voix s’ouvrait mal pour aborder l’aigu. En fait, l’Appui ne jouant qu’approximativement son rôle, la pression du souffle était insuffisante pour l’obtenir et le maintenir ; la « place vocale », imprécise, n’arrangeait rien. J’ai noté aussi que même ses meilleures notes (la2 à ré3) ne sonnaient pas vraiment librement.

Les voyelles « é » et « i » s’écrasaient un peu, n’étant pas chantées à la place idéale avec le bon Appui.

Nous avons fait également quelques sons filés sur « A ». Ils restaient corrects de mi2 à do3. Au-dessus, dans la zone de couverture, ils devenaient difficiles, soit tubés, soit trop ouverts. Avec les modulations de voyelles nous avons naturellement rencontré les mêmes difficultés.

L’appel au loin

En revanche, pour le test de « l’appel au loin » - qui consiste à interpeller avec force une personne se trouvant à bonne distance - Richard a libéré complètement sa voix et « crié » spontanément sur un sol3. Comme beaucoup, il a été surpris à la fois par la liberté vocale et la puissance qu’il déployait à ce moment-là !

« Pour résumer, il chantait assez bien, avec une jolie voix juste, dans un ambitus allant de la1 à mi3. Les possibilités que je devinais chez lui allaient bien au-delà. Ma première impression avait été la bonne. Richard était un pur-sang bridé ! Sa voix était certes « jolie » mais elle pouvait devenir beaucoup plus « belle » !

Décision de travail

Pour obtenir un résultat probant, il fallait vraiment revoir tous les fondamentaux. Il était indispensable de refaire le chemin vocal à partir du début pour reconstruire une émission libre et sans faille. Cela irait sans doute assez vite, sa technique étant amorcée dans la bonne direction.

Simplement, elle devait être « précisée » et « enrichie » pour être plus efficace. En s’arrêtant surtout sur le billet « La technique vocale fondamentale », Richard était tombé « pile » ! C’était sans doute un signe !

Conscient de tout cela, il a souhaité pour que nous entreprenions un « travail intégral » afin de lui permettre de revoir sa technique de A à Z.

Voir le billet : « Le chant thérapie, un travail vocal intégral »

Curieux, il m’a encore demandé :

- Qu’appelle-t-on les « fondamentaux » de la voix ?

- Les points de base essentiels de la technique vocale, les incontournables ! Ce sont : la statique, la respiration, l’Appui, la place de la voix et l’ouverture de la gorge.

- Le plus important, c’est lequel ?

- Tous sont indispensables. Deux cependant méritent une attention toute particulière : l’Appui et la place vocale. C’est un couple qui ne doit jamais être séparé. Le mot italien « Appoggio » résume bien cela.

- Cela signifie « Appui » en français ?

- Pas seulement. En abrégeant un peu, ce mot italien signifie surtout la sensation d’un point d’appui vocal (le point d’appoggio) ressentie par le chanteur. Par extension, il désigne aussi la relation constante qui doit exister entre l’Appui du souffle et ce point d’appui vocal. Pour un chanteur, maintenir ce double contact est primordial !

- Chez moi, l’Appoggio est mauvais ?

- Il manque beaucoup de précision ! Il y a aussi autre chose qui te gêne pour chanter !

- Quoi donc ?

- Ta « trop belle » cambrure !

A ces mots, Richard a éclaté de rire en me disant :

- C’est une blague ?

- Pas du tout ! Ton ensellure très prononcée dérange ta « verticalité », un autre facteur très important de l’émission vocale ! Mais ne t’inquiète pas, nous ferons ce qu’il faut.

Les premières leçons

Richard n’avait jamais fait de relaxations. Il a néanmoins réussi à bien se détendre dès la première fois. Quelques cours ont suffi pour que son corps s’abandonne et s’ouvre complètement, permettant un très bon travail en position allongée. (*)

(*) Les massages, qu’il appréciait beaucoup, ont notamment énormément contribué à l’aider à relâcher le bas de son dos qui était loin d’être souple, ce qui aggravait encore les choses.

Nous avons travaillé sa respiration genoux repliés, pour réduire son ensellure vraiment très prononcée. Dans cette position facilitant une meilleure tenue du dos, son souffle est rapidement devenu plus profond et plus libre. (*)

(*) Le diaphragme jouait ainsi pleinement son rôle alors qu’auparavant, du fait de sa cambrure, le ventre avait tendance à être propulsé à l’avant à l’inspiration. Il faudrait, bien sûr, obtenir cela debout ! Ce ne serait sans doute pas le plus facile !

Le taïchi, les cris

Comme je m’y attendais, les principaux exercices respiratoires de base qui composent le taïchi ont été « parcourus » assez vite. Richard avait maintenant hâte de réaliser ses premiers cris de « bébé adulte » ! (*)

(*) Cet exercice, faisant intervenir des cris réflexes demande une certaine prudence ! Il ne peut être fait que sous contrôle strict car un corps d’adulte n’est plus un bébé ; il met en relation des forces importantes qu’il faut savoir surveiller et « doser » !

Voir le billet : « La technique vocale fondamentale »

Les cris réflexes

Comme je le prévoyais, du fait du meilleur positionnement de son dos, il a pu les réussir assez rapidement en position allongée. (*)

(*) La respiration profonde, mieux établie désormais, nous avait permis de commencer cette phase délicate dans de bonnes conditions ; un équilibre pneumo-phonique relativement correct s’était mis en place assez vite.

J’ai ensuite, pendant plusieurs leçons consacrées aux « cris réflexes », précisé le ressenti de l’Appui abdominal à mon chanteur. Progressivement, à l’aide d’exercices spécifiques, nous avons pu ainsi mener à bien (en dosant leur intensité) des séries de « cris » allant du piano au forte. Ces cris n’ont pas de tonalité définies et oscillent simplement du grave à l’aigu, selon leur intensité qui, en revanche, est croissante. Je recherche seulement une prise de conscience exacte des appuis. (*)

(*) Les sons qui « jaillissent » au cours de ce travail ne sont jamais des voyelles franches et se rapprochent - en cela - du « timbre vocalique ».

Voir le billet : « Le timbre vocalique »

Le cri contrôlé

Nous avons ensuite fait varier les durées d’émission. Comme de nombreux élèves avant lui, Richard était très surpris de pouvoir émettre ainsi des sons assez longs, relativement forts sans ressentir aucune fatigue vocale. J’ai même dû le modérer un peu et lui faire promettre de ne pas essayer de faire seul ces exercices !

Après quelques semaines, il maniait tellement bien cette émission « libre » que j’ai décidé d’ajouter, toujours en position allongée, quelques exercices conventionnels (arpèges notamment). Assez vite, il a pu les nuancer légèrement, allant du piano au forte et inversement. Pour l’instant, il ne prêtait aucune attention à l’ouverture de sa gorge, concentré qu’il était sur l’Appui. Elle restait parfaitement disponible et c’était ce qu’il fallait !

Les appuis de chaque son, avec les arpèges chantés très legato, étaient devenus progressivement : « l’Appui » ! (*)

(*) Voir dans le billet « Respiration et Appui vocal » l’excellente définition qu’en donne Nick Tzico.

La vocalisation

Elle avait lieu parallèlement au travail couché décrit plus haut et occupait le dernier quart d’heure de la leçon. La première des choses avait été de rectifier au maximum la statique de Richard. Il avait maintenant pleine conscience des problèmes que sa cambrure pouvait créer à sa respiration et à son Appui. Nous nous sommes aidés souvent d’une vocalisation en position penchée (dos rond) qui contribuait – tout en la réduisant - à pérenniser chez lui la bonne ouverture dorsale pendant le chant.

Ensuite, en position verticale, nous avons joué avec une légère bascule du bassin pour rectifier sa posture dans de justes proportions, sans pour cela prendre un contre-pied absolu. (*)

(*) Habituellement, je fais « conserver » l’ensellure existante. Je m’occupe seulement d’assurer la « verticalité » du corps en demandant à l’élève de s’étirer comme soulevé par un point situé au sommet du crâne. Dans le cas de Richard, il était indispensable d’aller plus loin en faisant intervenir la bascule du bassin !

La place vocale

C’est un des points sur lequel j’ai dû beaucoup insister. Richard avait une tendance, contrairement à beaucoup, à « bâiller » un peu trop sa voix dès le médium. Cela partait bien sûr d’un bon sentiment mais sa direction vocale s’en trouvait dérangée et manquait de précision. De ce fait, la voix était atteinte dans son timbre et s’en trouvait alourdie. Pour rectifier ce défaut, nous avons travaillé en priorité sur la voyelle « i » qui assure une direction parfaite à l’émission si elle est chantée à la bonne place. Elle a aussi l’avantage d’ajouter du « mordant » au timbre !

Où diriger cette voyelle ?

« Le meilleur moyen est de la diriger vers l’avant, bien au centre du creux du palais dur, un peu au-dessus de la racine des incisives centrales. Elle doit être chantée finement ; c’est une voyelle étroite, ne l’oublions pas. En obstruant ses narines puis en les relâchant pendant la tenue d’un son, celui-ci doit « sonner » identiquement. Toute nasalité trop prononcée signe une mauvaise place vocale. Naturellement, la voyelle devra être bâillée davantage dès le médium et, a fortiori, dans le haut-médium et l’aigu ! Je me dois d’ajouter que, sans un Appui adéquat, sa réalisation correcte ne pourra pas être obtenue ! »

Nos exercices avec « i »

Avec Richard, j’ai tout d’abord eu recours à un exercice très simple : il consistait à attaquer « doucement », bien dans la place décrite ci-dessus, des « i » très fins, moyennement forts, sur une même note. Nous en faisions huit de suite, chacun ayant valeur de noire, dans un tempo relativement lent. Nous commencions notre série sur un do3 et redescendions par demi-tons jusqu’au mi2. Le but était surtout de trouver exactement la place de la voyelle, sans chercher des sonorités formidables ! Une réactivation diaphragmatique anticipait naturellement l’attaque de chacune des notes.

Ensuite, nous avons arpégé, toujours avec « i », des accords de quintes et des accords parfaits, chantés lentement. (*)

(*) Ce ne sont jamais les exercices compliqués qui sont les plus efficaces pour placer une voix !

Très rapidement, Richard a maîtrisé assez bien cette voyelle « directrice ». Quand l’arpège de Rossini a pu être chanté sans problème sur « i » jusqu’à un sol3 bâillé correctement, nous avons « célébré quelques mariages » indispensables car il s’agissait maintenant de faire bénéficier d’autres voyelles de cette direction « magique » !

Quelques modulations

En nous servant de la voyelle directrice « i » - bien placée désormais - j’ai demandé tout d’abord à Richard de moduler ce « i » en « é ». (*)

(*) Chaque voyelle se partageait une mesure à quatre temps chantée sur un tempo lent. Nous nous sommes contentés, pour cet exercice, d’un ambitus modeste (ré2 à ré3) n’incluant pas le deuxième passage. Nous commencions sur la2, descendions jusqu’au re2 puis remontions jusqu’au re3. Je me répète, seule la précision d’émission des voyelles est importante. Le « i » de départ doit rester présent dans la voyelle qui suit et lui communiquer ses caractéristiques ! Nous avons ensuite modulé de la même façon i_è puis i_a.

Correctement chantés, ces exercices simples ont rapidement donné de très bons résultats. La place vocale de Richard devenait de plus en plus précise.

Ce travail a été suivi de modulations plus longues commençant toujours par notre voyelle directrice. Nous avons choisi : « i a é i ô u i » en étendant, cette fois-ci, notre ambitus de travail un peu au-dessus de la zone de passage. Il est d’un grand intérêt de pouvoir « coiffer » cette zone délicate avec des modulations diverses. La gorge s’habitue ainsi à « mouler » et à faire cohabiter harmonieusement - sans les serrer - les sonorités ouvertes et fermées. Richard a pris du plaisir et s’est beaucoup « libéré » dans cet exercice difficile. De semaine en semaine, sa voix se corsait tout en se colorant.

Des progrès très importants

C’était incontestable ! Le travail de cette modulation - qu’il avait particulièrement réussi - l’avait considérablement fait progresser. C’était un réel plaisir pour moi de l’entendre désormais émettre à pleine voix, dans un tempo assez lent, cette succession de belles sonorités chantées très legato. La zone de couverture de son deuxième passage était maintenant parfaitement équilibrée, toutes les voyelles y sonnaient librement.

En arpèges (sur A), il « amorçait » sa couverture dynamique à partir de do3. Dès mib3, bénéficiant désormais d’un très bon Appoggio, sa voix pouvait rayonner sans aucune difficulté et s’ouvrir sur des fa#3, des sol3 et lab3 tout à fait remarquables.

Un travail général

Notre but était presque atteint. Maintenant chaque leçon était consacrée à un travail technique général. Il comportait les exercices que je considère comme les plus importants, ceux que tout chanteur confirmé doit pouvoir faire sans problème.

Ils sont décrits dans le billet : « Le cours de technique vocale type »

Un morceau de référence

J’ai choisi pour cela l’air de la caravane (À travers le désert…), extrait de « Mârouf, savetier du Caire » (Henry Rabaud). C’est un très bel air de baryton (il existe aussi une version ténor), comportant des difficultés intéressantes et variées (legato, aigus, etc.)

Nous l’avons travaillé en détail, phrase par phrase. Richard en a rapidement donné une excellente interprétation !

Voir aussi le billet : « Répertoire de travail pour un jeune baryton lyrique ».

Nous travaillions aussi « techniquement » les morceaux qu’il chantait au conservatoire. A ce propos, je constatais avec plaisir que, du fait de l’amélioration de sa technique de base, ces morceaux m’arrivaient de mieux en mieux préparés !

Epilogue

Richard a réussi son concours d’entrée au CNSMDP. Je lui souhaite la belle carrière qu’il appelle de ses vœux. Il possède tous les atouts pour cela !

A bientôt ?

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