Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 19/12/2018  
 
Le Billet Actu (121/161)

Chronique du Lundi 03 janvier 2011

Une voix superbe paralysée par le trac

Lucien J. (30 ans, étudiant en comédie musicale)

Bonjour monsieur. C’est un ami commun, Jean-Pierre G. qui m’a conseillé de prendre contact avec vous. Je suis étudiant à l’école de comédie musicale (x). Jean-Pierre est persuadé que j’ai une belle voix et toutes les qualités pour me faire une place dans ce domaine ! Seulement, chaque audition devant un jury occasionne chez moi une véritable panique. Je perds tous mes moyens. J’envisage, si cela continue, d’abandonner mon rêve de devenir un jour chanteur. Je lutte, mais rien n’y fait. Une vraie « cuirasse » me serre la poitrine et m’étouffe chaque fois que je dois chanter. Peut-on espérer une solution ? Jean-Pierre pense que oui ! Je suis au (x). Bien à vous. Lucien.

Ma réponse :

Lucien. J’ai connu moi aussi un trac paralysant lors de mes études au CNSMP. Plusieurs solutions existent pour en venir à bout. C’est quelquefois long et difficile… tout dépend de la cause. Il faut que nous parlions de cela tranquillement. Je vous appellerai demain pour que nous fixions un rendez-vous. A bientôt. Jean Laforêt.

Le bilan vocal de Lucien

Il a eu lieu un soir de la semaine suivante. Très à l’heure, j’ai vu arriver un grand jeune homme châtain-clair. Il m’a paru parfaitement à l’aise dans ses baskets ! Son regard bleu, très intelligent, m’a souri un instant, juste avant qu’une belle voix grave ne réponde à mon bonjour. Nous nous sommes assis et la conversation, précédant toujours le bilan vocal proprement dit, a commencé. Lucien est lauréat de l’une de nos grandes écoles et parle couramment plusieurs langues. Il a une affection particulière pour la danse qu’il pratique depuis un certain temps et prend régulièrement des cours de théâtre. Il a également étudié le piano et le chant. Depuis un an, il est élève dans une école de comédie musicale.

Cette discipline réunit, en somme… tout ce qu’il aime ! (*)

(*) Ce garçon aurait pu prétendre rapidement à un rang social de haut niveau mais a préféré tenter de réaliser son rêve : devenir chanteur de comédie musicale. Son ardent désir de réussir ne fait aucun doute… il a vraiment le « Feu Sacré » ! Une telle motivation me l’a tout de suite rendu sympathique.

Moi-aussi, j’ai eu (et j’ai toujours) « Le Feu Sacré » !

Son problème, qu’il a développé ensuite, se résume à ce qu’il m’avait écrit dans son mail : un trac paralysant l’envahit chaque fois qu’il doit chanter ! On entend à peine sa voix dans ces moments-là ! Il m’a reparlé de la fameuse « cuirasse » qui serre sa poitrine lorsqu’il chante… en me précisant que, dans la vie courante, il n’est pas du tout stressé ! En revanche, « en théâtre et en danse », ça va plutôt bien ! Il a aussi insisté sur le manque d’homogénéité de ses registres vocaux ! (*)

(*) Il ne s’est confié sur aucun problème « psychologique » qui aurait pu expliquer cet état de fait. Selon moi, il existe certainement ! J’ai senti qu’il fallait laisser du temps au temps…

Voir pour information le billet : « Le trac » !

Les tests vocaux, réalisés torse nu et ventre libre, ils ont été très probants ! Après quelques exercices variés, j’ai dit à Lucien qu’il possédait, à mon avis, une très belle voix de basse chantante qui serait même susceptible, après un sérieux travail technique, de lui permettre de chanter certains rôles… d’opéra ! L’étendue que nous avons explorée était sensiblement de deux octaves (fa1/mi3). Le grave et le médium de cette voix étaient puissants et bien colorés. J’ai noté cependant un léger « nasillement », sur les voyelles ouvertes, dans le médium. Une voix pareille, « diminuée » par le trac au point de ne presque pas être entendue à quatre mètres… c’était fort de café ! J’ai testé les « i » et les « é ». Serrés, comme chez beaucoup de chanteurs débutants, ils paraissaient cependant pouvoir s’ouvrir assez facilement. Deux points sombres : la respiration et l’Appui étaient loin d’être parfaits. (*)

(*) L’inspiration n’était pas une inspiration profonde. De surcroît, elle se faisait en deux temps, occultant la respiration dorsale. Cela avait pour conséquence de perturber le soutien abdominal au moment de l’émission. La voix, ne pouvant trouver son « Appui » au « Hara », le faisait beaucoup plus haut dans le buste, limitant considérablement les possibilités d’émission. Il faudrait corriger cela mais… le problème principal de Lucien était sûrement ailleurs !

En revanche, un aspect technique plus sérieux obscurcissait le tableau : Lucien avait un larynx particulièrement indocile ! Sur « â » notamment, il commençait à monter allègrement dès do3 ! Le deuxième passage ne s’effectuait pas sur cette voyelle ouverte (comme, d’ailleurs, sur « è ») ! Comme dit plus haut, les « i » et les « é », voyelles fermées, s’annonçaient moins problématiques. (*)

(*) J’ai pensé qu’avec un grave et un médium « naturellement » assez bien installés, ce problème de larynx ne serait qu’un incident de parcours dont nous viendrions facilement à bout !

J’ai remarqué aussi une justesse d’intonation quelque peu approximative… Cela non plus n’était pas dramatique et venait, à mon avis, uniquement de la pose de voix. L’oreille ne me parut pas vraiment en cause.

« Apparemment, rien de très grave dans tout cela… j’avais vu tellement pire ! L’aspect psychologique restait à mon avis le problème majeur ! »

Lucien m’a appris que les morceaux qu’il travaillait à son école étaient plutôt aigus… il pensait d’ailleurs être baryton ! Il a ajouté que, dans la comédie musicale, il existait peu de rôle pour les voix graves ! (*)

(*) C’est tout à fait vrai : les chanteurs les plus gâtés dans cette discipline sont principalement les ténors et les barytons « plus ou moins légers ».

Il était évident que les tessitures qu’il employait le plus souvent, trop aiguës pour sa voix, avaient naturellement pour conséquence de faciliter constamment une ascension anormale du larynx ! Lucien était – selon moi - tout à fait basse, malgré un timbre relativement clair. Cette « gymnastique » laryngée pérennisait son défaut d’émission en entretenant un serrage de la gorge… et du corps !

« Toutes ces causes, s’additionnant sur un terrain que je subodorais « psychologiquement fragile », perturbé peut-être dès l’enfance… ou à l’adolescence (l’avenir nous le dirait), pouvaient difficilement donner autre chose que le problème qui s’étalait devant nous. »

Heureusement, Lucien était également élève dans un conservatoire d’arrondissement et cela ne pouvait que me convenir. Il y interprétait forcément des morceaux plus adaptés à sa tessiture. Ceci aurait dû « contrebalancer » cela ! Apparemment, il n’en était rien !

Cependant, je ne m’inquiétais pas trop. J’avais résolu des cas apparemment tellement plus difficiles ! J’étais même plutôt excité par ce problème à « multiples facettes » ! Une très belle voix à placer, une réelle vocation à encourager… « Démarrer un tel challenge avec mes outils - dont je connais l’efficacité - je le répète, m’excitait ! »

J’ai dit à Lucien – qui s’en doutait un peu - que son problème de serrage (corps et voix) avait à mon avis, en plus du côté purement technique qu’il faudrait bien sûr corriger, une énorme connotation psychologique… que le trac paralysant dont il souffrait n’était que la somatisation « physique » d’un mal « psychique » plus profond ! Il n’a pas renchéri mais ne m’a pas contredit non plus…

Décision de travail

J’ai souhaité que nous fassions un « cours vocal intégral » (travail profond sur la voix). Celui-ci, tout en la plaçant au mieux (elle en avait grandement besoin), contribue toujours, par interaction, à améliorer l’aspect psychologique éventuellement responsable du trouble vocal… quel qu’il soit ! (*)

« C’est l’expérience qui me dicte ces mots. »

(*) En effet, j’étais certain que le travail « intégral », très désinhibant de surcroît, agirait comme une véritable thérapie sur le trac dont souffrait Lucien. J’étais convaincu (comme dit plus haut) que la fameuse cuirasse étouffante qu’il décrivait n’était que la « somatisation » d’un mal plus profond.

J’ai donc terminé mes explications en lui recommandant vivement ce travail qui me paraissait tout à fait indiqué dans son cas ! J’ai ajouté que, s’il suivait mes recommandations à la lettre, j’avais bon espoir de le « guérir ».

Sa décision a été immédiate. Nous commencerions dès que possible ! Ce fut la semaine suivante où deux cours furent programmés !

Voir le billet : « Le chant thérapie, un travail vocal intégral »

Nous avions opté pour des leçons de deux heures afin de pouvoir travailler à fond, tranquillement, sans aucune précipitation. (*)

(*) J’avais eu tout de suite conscience que l’avenir « musical » de ce garçon - et son bonheur tout court - étaient en jeu ! Je savais également fort bien quels terribles ravages une vocation artistique contrariée pouvait engendrer ! De surcroît, j’étais sûr de pouvoir l’aider…

Les premières leçons

La coopération de Lucien a été parfaite. Ayant une confiance absolue en moi, il a souscrit à 100% à toutes mes exigences. Nous faisions une relaxation et un travail couché (massage et taïchi) très complet. Rapidement, il a infiniment apprécié toute cette partie du cours, se rendant bien compte qu’elle lui apportait quelque chose de nouveau et de « très rassurant ». Dans un premier temps, j’ai naturellement repris toute la technique de base en position allongée (souffle abdominal et séries de cris divers…) ! Certains exercices de Taïchi (venant du Yoga) dont je connais l’efficacité, nous ont aussi aidés à replacer sa respiration.

Voir le détail de ce travail dans les billets : « La technique vocale fondamentale » et « Les fondamentaux de la technique vocale »

Vocalisation

En fin de séance, nous consacrions toujours au moins trois quarts d’heure à une vocalisation simple ! J’ai employé au tout début la voyelle « ô », chantée sur des quintes ascendantes. Dès sol2, cette voyelle se colorait en « o » (de Paul), indiquant par là qu’elle partait à l’arrière, quittant la zone de résonance. Il a fallu plusieurs leçons pour corriger « en partie » ce défaut. (*)

(*) Seulement « en partie » car, même beaucoup plus tard, bien que restant « ô », cette voyelle avait beaucoup de mal à se « bâiller ». Dès si2/do3, elle ne se « déployait » pas et prenait un aspect plus ou moins réduit et « tubé ».

Un jour, où les quintes sur « ô » n’étaient pas très justes (comme dit plus haut, son oreille n’était pas parfaite) il m’avoua :

- Petit, je chantais souvent faux…

- Tu crois que ça a pu te marquer au point de perdre confiance en toi ?

- C’est possible ?

- Oui… cela pourrait être « une » des causes provoquant la « cuirasse » dont tu me parles !

- J’ai souvent peur de chanter faux… ça me bloque peut-être ?

- C’est du domaine du possible… Cependant, sois rassuré ! Chez toi, cela s’arrangera très vite !

Progressivement, il commençait à me parler…

Comme j’avais remarqué au bilan que ses « i » et ses « é » se desserraient assez facilement, je lui ai indiqué dès les premières leçons, le moyen de mieux les « ouvrir » ! Assez vite, nous avons réussi à atteindre mib3 (voire mi3) avec ces voyelles latérales fermées en arpèges semi-rapides, alors que « do3 » (voire moins) constituait toujours son « plafond correct » sur « â » en voix pleine ! Au-delà, son larynx montait et sa gorge se serrait terriblement (*)

(*) Malgré la grande habitude que j’ai de ce défaut, somme toute « courant », je n’arrivais que très difficilement à le limiter chez Lucien ! J’ai imaginé alors me servir plus tard des « résultats probants » obtenus sur les voyelles fermées « i/é » pour faciliter cette fameuse couverture et le 2e passage correct de « â » !

Voir, pour le travail sur « i » et « é », le billet : « La couverture de la voix (deuxième partie) »

L’ennui, c’est que, même après plusieurs mois de cours, dès do#3/ré3, sur « â », malgré explications et exemples de toutes sortes, son larynx montait toujours aussi allègrement, dénaturant complètement la consistance de la voyelle ! Nous avions fait de gros progrès d’ordre généraux mais la « vraie » stratégie du deuxième passage en voix pleine sur les voyelles ouvertes échappait toujours à Lucien ! (*)

(*) L’intensité du son diminuait, la voyelle s’éclaircissait et rien ne paraissait pouvoir faire évoluer cet état de choses ! A partir de ré3, la magnifique voix de basse prenait des allures de ténor étriqué !

Son nasillement

Il était relativement léger. Il montrait le « bout de son « nez » (c’est le cas de le dire) dans le médium, principalement sur « â » et « è ». Nous sommes arrivés, à force de colorations appropriées et de travail sur les nasales, à le faire « presque » oublier. (*)

(*) En premier lieu, pour corriger le « nasillement », il faut apprendre à nasaliser correctement les sons « on » « an » « in ». Quelquefois, cela ne suffit pas !

C’était le cas de Lucien. Un jour, la curiosité m’a poussé à lui demander de me montrer le fond de sa gorge. Armé d’une lampe de poche, j’ai découvert avec stupéfaction que ses amygdales étaient excessivement volumineuses ! Très gonflées, elles ressemblaient à deux énormes « cerises », qui gênaient – à mon avis - le jeu du voile du palais ! J’en avais vu de semblables chez un élève souffrant également d’un nasillement ! Il s’était fait opérer et tout était rentré dans l’ordre définitivement. De surcroît, sa voix s’en était même trouvée très améliorée et le deuxième passage facilité.

J’ai fait part de cet exemple à Lucien. Je lui ai dit aussi qu’une ablation des amygdales à l’âge adulte n’est pas sans comporter certains risques pour un chanteur ! La voix peut être modifiée si le geste du chirurgien n’est pas parfait. Cette éventualité est rare mais… existe. On peut, paraît-il, dans certains cas, les faire seulement « trancher » ! Les risques seraient ainsi presque nuls car, de cette façon, l’intervention ne concernerait que leur partie supérieure. La balle est maintenant dans son camp. Le mieux – s’il se décide un jour – sera alors de consulter un ORL. Pour l’instant, c’est un peu délicat car, pour une telle intervention, un arrêt total du chant est obligatoire un certain temps et… ce n’est pas vraiment le moment !

Une motivation sans faille

Malgré « vents et marées », la belle motivation de Lucien restait intacte. Il sentait tout l’intérêt de nos cours, bien qu’il n’arrive pas encore à « utiliser » tous les éléments techniques que je lui transmettais. Les difficultés que nous rencontrions avaient aussi des conséquences très heureuses sur mon enseignement. Cet « écueil » m’obligeait à des recherches toujours plus pointues… (*)

(*) J’essayais passionnément maintes astuces… pour déclencher chez lui le fameux « déclic » de la couverture dynamique ! L’ennui était que Lucien accordait beaucoup trop de place à « l’intellectualisation » et pas assez au « ressenti » !

« Qu’importe, je m’investissais à fond dans les études vocales de ce garçon. Il était très attachant et mon désir le plus cher était qu’il réussisse dans le métier qu’il aimait par-dessus tout ! » Pour cela, il fallait tout d’abord « passer » correctement sa voix ! C’était la « porte obligée » pour accéder à son aigu et à la plénitude de ses moyens !

Confidences

Au fil des leçons, nous sommes devenus plus proches. Il m’a laissé progressivement accéder à plusieurs de ses secrets les plus intimes. J’ai découvert ainsi que certains étaient susceptibles d’expliquer « en partie » la raison psychologique de son trouble vocal. Le « pourquoi » de la fameuse somatisation qui lui jouait de si vilains tours s’éclairait pour moi d’un jour nouveau, libérant des contours plus nets !

« J’étais très fier de la confiance qu’il me témoignait. Je ne lui parlais jamais de mes « réelles » déductions… laissant le temps au temps !

Je n’essayais pas non plus de forcer ses confidences. Je savais fort bien qu’elles se devaient d’être voulues pour être « libératrices ».

En revanche, j’étais absolument sûr d’une chose : ce garçon méritait « vraiment » ce qu’il appelait si ardemment de ses vœux ! Autre certitude : je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour l’y aider.

Mais, revenons au déroulement de notre progression…

Gymnastique vocale

Parallèlement au travail décrit plus haut, j’avais ajouté à notre programme l’étude de la gymnastique vocale. Progressivement, nous avons fignolé tous les éléments qui la composent. Au bout de quelque temps, parfaitement intégrée, elle était devenue notre incontournable « mise en voix » ! Elle a grandement contribué à tonifier sa musculature « articulatoire » et, par là, à améliorer sa diction. Sa respiration dorsale s’est aussi beaucoup affirmée grâce à elle. (*)

(*) Tout en libérant sa voix grâce aux quintes syllabiques chantées (très énergiquement) « forte » avec un bon appui abdominal réflexe, Lucien évacuait en même temps de multiples tensions internes ! En général, de nombreux et profonds bâillements ponctuaient très souvent nos séances…

Voir des détails sur cette gymnastique dans le billet : « L’articulation dans le chant »

Voix de fausset, voix mixte

La fameuse couverture dynamique de « â » brillant toujours par son absence malgré tous nos efforts, j’ai « décidé » de l’oublier un peu ! Elle viendrait forcément en son temps ! Nous avions d’autres domaines à explorer ! Ainsi, tout en continuant intégralement notre travail allongé, notre gymnastique vocale et notre vocalisation, j’ai amorcé avec Lucien l’étude de la voix de fausset et de la voix mixte. Par ce biais, je continuais d’ailleurs, entre autres, à lui inculquer le bon geste vocal (amenant à la couverture dynamique) sans aucun risque de forçage. (*)

(*) Ce geste est en effet strictement identique à celui de la voix pleine - appui du souffle mis à part - tout en étant sans risque pour la voix. Lucien m’a appris à ce moment-là que personne ne lui avait jamais enseigné ces émissions-là…

Nous avons beaucoup « affiné » ces voix de tête. Elles restèrent par la suite toujours présentes dans notre programme. Ces « découvertes » ont été pour lui excessivement salutaires et ont beaucoup contribué à corriger sa justesse (*)

(*) En effet, j’ai toujours constaté qu’un travail sur des fréquences hautes - comme dans le fausset et la voix mixte où l’on atteint facilement (et sans risque pour la voix, je le répète) le do4 (voire beaucoup plus) – aide énormément, entre autres, à améliorer la justesse de la voix pleine !

En peu de temps, il a acquis une assez bonne maîtrise de ces émissions, donnant relativement facilement – dans chacune d’elles – de très jolis si3 et do4 – sur « i » et « â ».

Voir pour information le billet « La voix « mixte-appuyée ».

Les progrès s’affirment

Cahin-caha, des progrès importants continuaient à voir le jour… mais toujours pas de deuxième passage plein « sur « â » vraiment abouti ! Certains essais donnaient de bons résultats mais rien de vraiment concluant n’en subsistait ! La justesse, en revanche, s’affirmait. Les sons approximatifs (qu’il appelait : ses petites « faussetés ») s’étaient faits progressivement de plus en plus rares pour disparaître bientôt tout à fait !

Parallèlement, il va de soi que notre programme s’était peu à peu enrichi de tous les exercices principaux qu’un chanteur se doit de travailler pour acquérir une bonne maîtrise de sa voix !

Lire des précisions à ce sujet dans le billet : « Le cours de technique vocale type »

Nos points noirs

Lucien participait assez souvent à des spectacles plus ou moins « patronnés » par son école de comédie musicale. Dans ces moments-là – à cause des tessitures élevées et, bien sûr, mal cernées – qu’il devait assurer, sa voix était forcément tiraillée dans le mauvais sens ! Cela retardait fatalement son bon placement ! (*)

(*) Ces spectacles avaient cependant un côté positif : le mettre en difficulté sur une vraie scène. Pour cette raison, je les approuvais sans réserve.

Un autre élément défavorable – et également incontournable - était la préparation de concours, trimestriels ou autres, où les scènes qui lui étaient attribuées allaient - toujours de par leurs tessitures trop élevées - à l’encontre de la pose de voix correcte que j’essayais de lui inculquer. Tout était trop haut pour lui et le tiraillement de son larynx était le prix à payer pour avoir une chance d’atteindre les notes requises ! Il s’inscrivait aussi à des castings divers et variés où les extraits demandés étaient rarement (presque jamais) des airs lui convenant vocalement ! Tout cela n’allait pas dans le bon sens mais… qu’y faire ? Les castings étaient pour lui des passages obligés ! Ils faisaient partie intégrante du métier qu’il avait choisi. Ils avaient également l’avantage de le confronter à ses « démons » et cela était très positif !

Beaucoup de compliments

Néanmoins - et de plus en plus - des compliments sur ses progrès vocaux lui parvenaient de sources les plus diverses (professeurs de son école, metteurs en scène de spectacles auxquels il participait, certains de ses collègues de son école ou du conservatoire, etc.) Lucien, visiblement, était heureux de cela. Son moral, grâce à ces encouragements, se maintenait malgré l’absence de cette sacrée « couverture » qui, si elle pointait parfois un bout de son nez, se faisait encore pas mal tirer l’oreille. Il avait cependant la certitude d’avancer et m’en faisait part quelquefois. Oui, c’était une certitude : il avançait beaucoup ! (*)

(*) Indépendamment, j’avais moi aussi des échos de personnes l’ayant connu auparavant et qui témoignaient sans réserve de ses énormes progrès

Au fil des cours, j’essayais toujours, inlassablement, tout ce qui était possible pour favoriser cette fameuse « bascule » si importante et si récalcitrante chez Lucien ! Je dis volontairement « chez Lucien » car, avec d’autres élèves, même parfaitement débutants, ce même problème n’existait pas ou se réglait très vite !

Voir, pour des détails sur le deuxième passage de la voix pleine, notamment sur les voyelles ouvertes, le billet : « La couverture de la voix (première partie) ».

Un avantage

Cependant, mon chanteur avait un avantage certain sur beaucoup : son infatigabilité vocale ! Il était en effet très résistant de ce côté-là. C’est ce qui, à mon avis, avait rendu possible, sans nodules ou autres traumatismes, les excès dont il était coutumier sur le plan vocal ! (*)

(*) Dans notre travail, cela avait aussi l’avantage de nous permettre de pouvoir recommencer plusieurs fois, avec un minimum de risque, certains exercices… ce qui aurait pu se révéler dommageable pour une voix plus fragile.

Parlant de ce fameux « deuxième » passage sur « â » et de sa problématique couverture, il me dit un jour, presque abattu :

- Je n’y arriverai jamais !

- Mais si, seulement, il faut être patient ! Tu chantes depuis trop longtemps avec un larynx haut… et les tessitures que l’on t’impose sans arrêt ne sont pas faites pour arranger les choses ! Elles entretiennent de mauvais réflexes !

- Que faire ?

- Nous n’y pouvons rien. Il faudrait arrêter complètement tes études de comédie musicale et tout ce qui va avec… et cela me paraît impossible ?

- En effet !

- A mon avis, la bonne méthode aurait plutôt consisté à placer ta voix correctement avant de commencer de telles études… et non l’inverse !

- …

- Je comprends d’ailleurs difficilement que l’on t’ait accepté à cette école, sachant pertinemment que tu n’étais pas prêt vocalement et que, de surcroît, très peu de rôles étaient susceptibles de convenir à ta voix…

- Le cursus, qui dure deux ans, comprend aussi des cours de technique vocale. A cause de cela, je ne pensais pas avoir de problèmes particuliers avec ma voix ! Elle a toujours été solide…

- Je comprends. Mais, placer une voix n’est pas toujours simple… Tu t’en rends compte maintenant ?

- Oui, bien sûr !

L’enracinement

Cependant, en jouant à fond - et avec diverses méthodes - la carte de « l’enracinement », je constatais qu’un mieux se faisait jour peu à peu ! Il est certain que ces exercices nous ont beaucoup servis. Ils avaient l’avantage de nous aider favoriser l’Appui et de permettre, aux portes de l’aigu, une couleur vocale plus sombre et une gorge mieux ouverte. Ainsi, grâce à eux et de plus en plus souvent, le ténor-léger s’éloignait pour céder la place à un baryton encore un peu trop clair ! C’était un début très encourageant ! (*)

(*) Je me dois de préciser ici une chose importante : Lucien jouissait d’une très bonne compréhension technique ! Il n’arrivait tout simplement pas à « concrétiser » physiquement ce qu’il comprenait « parfaitement » ! Comme dit plus haut, il « intellectualisait » trop, au détriment du « ressenti » !

C’est un défaut qui, en général, n’aide pas !

Voir des détails sur l’enracinement dans le billet : « Comment sortir mes aigus »

Le trac de Lucien s’éloigne…

Nous remportions là une victoire incontestable ! Depuis quelque temps, son fameux trac était en nette régression et cédait du terrain à vue d’œil ! En fin de cursus, Lucien a obtenu toutes les récompenses prévues dans son école de comédie musicale. Il a pu passer ses examens sans sa fameuse cuirasse habituelle (ou, tout au moins, avec une cuirasse très allégée) ! Sa voix était plus libre, plus facile et portait mieux. Au conservatoire (x), où il travaille en parallèle, une médaille lui a été également décernée en classe de scène au concours de fin d’année ! De surcroît, il a été remarqué et retenu sur plusieurs castings !

Ouf ! Tout cela me plaisait beaucoup et apportait de l’énergie à son moral !

Programme de chant

L’année suivante, ses études à l’école de comédie musicale étant terminées, ses « obligations » vocales étaient plus légères. De ce fait, pour concrétiser nos « avancées », nous avons convenu très sérieusement d’un programme de chant à respecter au cours. Certaines pièces de Vaccaj et quelques airs classiques particulièrement adaptés à sa voix ont été prévus à ce moment-là et « placés » sur « notre établi », en vue d’étude approfondie… Malheureusement, je n’ai vu ces morceaux que d’une façon très… épisodique. Nous ne les avons pratiquement jamais travaillés ensemble ! Dommage, car ils auraient été particulièrement indiqués pour appliquer la technique enseignée ! (*)

(*) Par exemple, il faut savoir que les leçons de Vaccaj sont profitables seulement si elles sont chantées avec une bonne émission. Dans le cas contraire, elles ne causent aucun mal… mais apportent peu de bien ! Il en va bien sûr de même pour les morceaux plus conséquents !

« A sa décharge, Lucien, ayant été retenu sur plusieurs casting, était souvent très pris par des répétitions. Le temps lui faisait sans doute défaut pour travailler les choses que je jugeais, moi, essentielles ! »

Gardant l’espoir, je me contentais donc des exercices de vocalisation que nous faisions habituellement pour essayer de déclencher… ce qu’il restait toujours à déclencher : la fameuse bascule de « â » en position aiguë ! Les « i » et les « é », de par leurs caractéristiques de voyelles « fermées », s’étaient encore améliorés. Lucien les maîtrisait de plus en plus (des mi3, voire fa3 devenaient maintenant possibles) mais ces voyelles ne bénéficiaient pas encore d’un espace de bâillement suffisant pour rayonner largement ! (*)

(*) Il est indispensable de réussir le bâillement des voyelles ouvertes (â/è) pour développer toutes les possibilités d’une voix. Chez Lucien, la porte de l’aigu était encore trop étroite !

L’aperto-coperto !

Un jour particulièrement « faste » où, bien enraciné, mon chanteur avait réussi ses « â » avec plus de bonheur qu’à l’accoutumée, j’ai décidé de tenter de lui faire essayer sur cette voyelle un « Aperto-Coperto » d’attaque, tel que je le conçois. La voix bien chaude et après avoir chanté très correctement - sur â - quelques arpèges d’accords parfaits en donnant des si2 do3 et do#3 légèrement tenus, avec un bon Appoggio (*), nous avons tenté « l’opération » sur un mib3.

(*) J’entends par « Appoggio » la relation équilibrée unissant l’appui abdominal et la place vocale !

Lucien avait une voix solide, nous ne risquions pas grand-chose d’essayer ! Pour réussir ce geste, il faut projeter sa voix dans le but d’atteindre une note située au-dessus du 2e passage. Le mib3 choisi lui convenait donc parfaitement !

Pratique

Dans l’instant précédant l’attaque, la gorge doit être absolument « disponible », libre de toute contraction (et de toute formation anticipée d’un moule quelconque), comme si le chanteur voulait réaliser souplement un « a » tout ouvert : c’est l’Aperto ! Il faut donc attaquer la note choisie « Aperto » mais celui-ci ne dure qu’une fraction de seconde. Il est immédiatement suivi dans sa trajectoire par le « Coperto » qui, simultanément, réalise de par la couleur acquise (fréquence du mib3 en l’occurrence), l’ouverture arrière de la gorge, ressentie comme une légère traction en direction de la nuque.

L’exécution de ce « geste » est expliquée très en détail dans le billet : « L’Aperto-Coperto, son approche technique »

Eurêka !

Ce moment fut un moment béni ! Tout notre travail s’est vu récompensé en quelques secondes. En parfaite position statique, attaquant « souffle arrêté » au-dessus du futur son, exactement comme il se doit, Lucien a lancé un mib3 parfaitement correct, comportant exactement le dosage d’harmoniques idéal ! Le son, amené par une couverture dynamique parfaite, rayonnait à l’extérieur tout en s’appuyant harmonieusement dans son corps ! Le ténor « étriqué », à cet instant précis, avait complètement disparu, cédant la place à une basse chantante émettant un magnifique mib3 « Aperto-Coperto » (ouvert-couvert) ! Il le tint environ quatre secondes ! Comptez… c’est assez long !

Le son avait tourné ! (*)

(*) Le « son tourne » est une façon de dire que, après être passé sans aucun serrage en position aiguë, son « retour » s’effectue dans le masque, en place idéale de résonance et de projection !

Note importante sur l’Aperto-Coperto :

Correctement exécuté, il n’a strictement rien à voir avec la fameuse couverture « ampoulée », appelée injustement « lyrique » par certains ! Dans le véritable « l’Aperto-Coperto », la « latéralisation » de l’ouverture de gorge est respectée ! Pour mon compte, je l’appelle volontiers la couverture « dynamique » ! « L’Aperto-Coperto » n’a rien d’une « cloche » ou d’un « capuchon » ! Il est donc parfaitement adapté à toutes les émissions : y compris  à celles des "bons" chanteurs de comédie musicale  !

Toute la fin de la leçon a été consacrée à refaire cette merveille des dizaines de fois, avec des exercices différents. Nous l’avons "travaillée" notamment avec des arpèges… où ce geste technique est perçu autrement ! Ensuite, les voyelles latérales « i » « é » et « è », arpégées en alternance avec « â », suivirent le même chemin et trouvèrent leur espace de résonance idéal ! (*)

(*)  Dans ces moments-là, la puissance vocale de Lucien était multipliée par quatre !

J’ai profité de cet état de grâce pour lui faire chanter quelques modulations sur : â é i ô u i. Elles furent parfaites de mi2 à ré3, chose impensable la semaine précédente ! (*)

(*) N’oublions pas que réussir une modulation signifie obtenir que toutes les voyelles qui la composent soient « bâillées » lentement, avec la même intensité, sur la même note ! L’exercice doit être réalisé parfaitement legato délivrant des sons libérés, « puissants et beaux ». La modulation « â é i ô u i » dure à peu près sept secondes ! C’est long !

Ce jour-là, à la fin de la leçon, c’est un Lucien ému et rayonnant qui m’a embrassé en me quittant. J’avoue que j’étais aussi très ému et follement heureux de ce résultat qui s’était tellement fait attendre ! Ouf ! Je savais maintenant, d’une façon certaine, que… c’était possible !

Coup de froid

En revanche, le cours suivant vit arriver un chanteur qui, ayant égaré sa « couverture »… avait pris froid ! Je me doutais bien un peu que le « miracle » mettrait un peu de temps à s’installer… (*)

(*) Lucien avait, avec ses activités diverses, perdu les bonnes sensations acquises au cours précédent ! Ce risque était connu et incontournable ! Nous avons travaillé et, tant bien que mal, retrouvé à peu près notre deuxième passage si bien réussi la semaine précédente !

Voix mieux structurée

Cependant, à partir de cette époque, sa voix demeura mieux structurée, beaucoup moins étroite dans l’aigu ! Des « ré3 » tenus, relativement consistants, étaient pratiquement assurés à chaque cours. Les voyelles ouvertes commençaient à se réaliser de plus en plus correctement. Des fa#3 (voire sol3), assez bons, furent même parfois atteints sur « â » en exercices rapides ! Les voyelles « fermées », elles, gagnaient en volume ! Il me parut alors « vraiment » indispensable de faire travailler à Lucien quelque beau morceau classique bien adapté à ses nouveaux progrès ! Je lui ai demandé d’apprendre « Le Pas d’arme du roi Jean ». La version pour « basse » de cette très belle mélodie de Camille Saint-Saëns lui permettrait d’installer et de mettre en relief, en plus de son grave, son haut-médium et son aigu « couvert » tout neuf ! (*)

(*) Elle comportait tout ce qu’il fallait pour être le magnifique « morceau de référence » qui le suivrait toujours ! Quelque temps après, il m’a dit avoir « commencé » à l’étudier au conservatoire. Quant à moi, je ne lui ai jamais entendu chanter au cours… dommage !

Spectacles

J’ai eu l’occasion de voir assez souvent Lucien sur scène. Encore récemment, j’ai assisté à plusieurs spectacles où il figurait dans des rôles intéressants. Je dois dire que lorsque la tessiture de son personnage convient à sa voix, il me fait toujours une excellente impression. De plus, même si certains passages « aigus » ne sont pas toujours chantés dans la bonne « position » vocale, ces prestations ont le mérite d’affirmer que, d’une façon générale, il a beaucoup gagné en aisance. Ce point est très positif et très important car il ouvre la voie à « toujours plus » de confiance, donc à « toujours plus » de libération générale et… vocale !

« Les techniques apprises ont ainsi plus de chance de pouvoir s’exprimer pleinement… »

Au fil du temps, j’ai constaté également de nombreux progrès « purement scéniques » qui, eux-aussi, ont « fleuri » grâce à une « confiance en lui » très améliorée. J’ai observé notamment plus de liant dans les mouvements du corps, une gestuelle plus fluide et une articulation plus tranchée !

En somme : un meilleur « lâcher prise ».  Il « ose » davantage se « donner » ! (*)

(*) « Je suis toujours très ému et très fier de le voir sur scène, même si le trac me gagne à chaque fois (chacun son tour) ! »

Un petit bémol : j’ai eu aussi, au fil de ces spectacles, parallèlement aux progrès énoncés plus haut, l’impression « moins réjouissante » que son timbre, auparavant si riche dans le grave et le médium, tendait à perdre un peu de ses qualités. Sa voix, quoique toujours belle dans ces registres me semble à la fois moins pleine et moins onctueuse. Le fameux « creux » (l’apanage des basses) paraît se combler doucement ! (*)

(*) Les nombreuses occasions (notamment en public) où il doit « tirer » sur ses aigus pour assurer « comme il peut » certaines notes problématiques expliquent sans doute cela.

Important :

« N’oublions pas que toute voix bien émise - donc « correctement » passée et couverte au deuxième passage - progresse dans l’aigu sans perdre le grave. Tout au contraire, elle gagne en puissance et en largeur dans les deux sens ! »

Il nous faudra donc songer sérieusement à endiguer rapidement ce « défaut » qui s’installe insidieusement. Il indique que la voix, malmenée dans l’aigu par « obligation », perd peu à peu son assise grave. Comme Lucien continue à être performant aux cours, je ne m’inquiète pas trop car, « autant que faire se peut », ceux-ci contrebalancent, pour l’instant, ce défaut ! D’autant que le fameux « deuxième passage » et sa couverture, cédant du terrain à chaque leçon, sont presque à notre portée ! Nous sommes, à mon avis, tout près du but ! Dès que ce résultat sera acquis, tout se mettra en place

Comme dit plus haut, un aigu chanté avec un « Aperto-Coperto » correct libère « aussi » le grave. Un « rééquilibrage » vocal général surviendra donc obligatoirement à ce moment-là ! Il suffira alors de bien l’accompagner avec des exercices adéquats ! Ce dernier point ne présente aucun problème particulier ! Une condition cependant : réaliser le passage au bon endroit (do#3 pour Lucien)

Note relative au deuxième passage (naturellement, lorsque l’on sait l’exécuter) :

En travail vocal, il est déconseillé de « retarder » le deuxième passage (do#3 pour Lucien) ! Le pratiquer (dans cet exemple) seulement sur « ré3 » ou « mib3 » doit être réservé à de rares exceptions destinées à des effets plus ou moins spéciaux car cela peut être à la fois dangereux pour la voix et limiter la beauté et surtout l’épanouissement de l’aigu. (*)

(*) Une basse « n’ouvre » jamais impunément des ré3 et mib3 !

Tout au contraire, pour toutes les voix, il est plutôt conseillé d’apprendre à « anticiper » un peu ce deuxième passage en le pratiquant (dans notre exemple) « aussi » sur « do3 » !

Autre note importante :

La voix mixte profite forcément, par « sympathie », des progrès réalisés en voix pleine et devient forcément de plus en plus large, souple et puissante.

En résumé :

Une fois son passage aigu en voix pleine réalisé correctement, tous les rôles paraîtront moins aigus… mais aussi moins graves à Lucien ! (*)

(*) Je suppose que sa voix pleine devrait être capable de donner relativement facilement des « fa3 » (voire sol3), sans pour cela perdre ses fa1 ! Il aura en plus, en cas de besoin, la possibilité de recourir à une chaleureuse voix mixte !

Jadis, j’ai moi-même vécu tout cela…

Extension prévue

Pour obtenir et finaliser ce résultat, j’ai mis tout récemment au point, en pensant spécialement à lui, une nouvelle progression d’exercices qui, tenant compte de ses progrès récents, devrait nous y conduire assez vite ! Testée sur plusieurs élèves, elle donne actuellement de spectaculaires résultats.

« L’ultime ligne droite de notre voyage technique se dégage et laisse enfin apercevoir… le but ! »

Avenir proche

Je pense que nous pourrons bientôt affirmer nos trouvailles en travaillant « par le menu » quelques beaux morceaux classiques bien écrits pour la voix. Parallèlement, nous pourrons nous lancer - c’est mon idée - dans l’étude « technique » complète d’un rôle de comédie musicale. (*)

(*) Un pianiste sera alors indispensable à notre travail mais cela ne pose aucun problème.

Souci

En revanche, un réel souci se fait jour : l’emploi du temps de Lucien, s’est « corsé » ! Il a trouvé récemment un engagement de type « alimentaire » très intéressant pour lui. L’ennui est que cela lui laisse beaucoup moins de temps pour nos cours !

C’est ainsi, nous n’y pouvons rien… il faudra faire avec !

Epilogue

J’aurais aimé pouvoir conclure ce billet, comme souvent à l’accoutumée, sur un « Eurêka » vainqueur ! Ce ne sera malheureusement pas le cas cette fois-ci ! J’apprends, le cœur serré, que je n’aurai pas l’occasion de terminer ce voyage musical avec Lucien. Je souhaitais vraiment le conduire jusqu’au bout de son chemin mais cela – à moins d’un miracle - me paraît désormais bien compromis !

La raison en est simple ! Son  agenda, toujours plus contraignant,  l’oblige, par manque de temps, à arrêter les cours qu’il prend avec moi.

J’en suis très peiné… mais qu’y faire ? Rien, pour l’instant du moins !

Cependant, bien que son évolution vocale ne soit pas encore tout à fait terminée, j’ai toujours confiance en sa réussite. Je la souhaite d’autant plus que je pense l’avoir voulue aussi passionnément que lui !

« Il est certain que les moments où nous avons « cherché » ensemble – et surtout ceux où nous avons « trouvé » ensemble – le guideront toujours dans le beau – et dur - métier qu’il a choisi ! »

Le « Feux Sacré » est « indestructible » !

Je suis sûr qu’il réalisera son rêve !

De bonnes graines ont été semées.

Elles germeront donc forcément.

Bonne route Lucien !


A bientôt

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Jean Laforêt

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