Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 19/12/2018  
 
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Chronique du Dimanche 09 octobre 2011

Une oreille très récalcitrante

Olivier G. (22 ans – chanteur-amateur-passionné)

Monsieur. C’est votre élève Colette D. qui m’envoie vers vous. Je ne suis pas vraiment chanteur mais garçon de restaurant. J’ai fait un an de chant au conservatoire de B. Je chante souvent au karaoké et j’avoue que c’est une vraie passion pour moi. Seulement, j’ai souvent des petits problèmes pour me repérer dans les mélodies et ma voix déraille un peu. En un mot, j’aimerais apprendre à chanter correctement. Mon téléphone est le (x). Bien amicalement. Olivier

Ma réponse

Oui, Colette m’a parlé de vous. D’après elle… je serais le professeur idéal pour vous ! Pour le savoir, le mieux est que nous fassions un bilan vocal ? Je vous appellerai demain sans faute pour que nous prenions rendez-vous. Bien cordialement. Jean Laforêt

Bilan vocal

J’ai reçu Olivier trois jours après. Il est arrivé cinq minutes en retard, tout essoufflé, en s’excusant ! Il avait pris une mauvaise direction à sa sortie du métro ! C’est un joli garçon, mince et souriant qui m’a tout de suite fait une très bonne impression.

Nous avons parlé un peu avant les tests. Il m’a redit d’une voix passionnée son amour pour le chant. Il connait une multitude de chansons et participe très souvent à des karaokés. Il se rend compte qu’il « déraille » parfois un peu… d’où sa grande motivation pour réaliser son souhait le plus cher : bien chanter !

Sa voix parlée est belle, douce et grave à la fois. Il avoue être timide, émotif et anxieux, parfois même un peu angoissé. Il est aussi très sensible au regard des autres, à leurs critiques et souhaiterait avoir plus de facilité à communiquer… (*)

(*) En fait, il souffre d’un certain « mal-être ».

Les tests

Ils ont été réalisés torse nu et ventre libre.

S’ils ont révélé (notamment pendant les tenues) un joli timbre souple et un vibrato naturel très intéressant, ils ont également mis en exergue une défaillance d’oreille très sévère, justifiant une rééducation de l’écoute en toute priorité.

L’inspiration est relativement abdominale ! La statique, en revanche est à revoir entièrement : Olivier est très cambré de nature… de plus il se tient mal, laissant sa poitrine s’affaisser et ses épaules fléchir vers l’avant !

Les petites vocalises simples sur « ô » montrent une voix qui – outre la justesse tout à fait relative - part facilement à l’arrière, quittant la place de résonance. Nous avons parcouru avec divers exercices un ambitus d’une octave et demie environ sur différentes voyelles.

Comme chez beaucoup d’élèves, les « i » et les « é » sont serrés. Cela est très fréquent et s’arrange en principe assez vite. (*)

(*) En fait, tous les problèmes purement techniques que je découvrais n’étaient rien en comparaison de l’amusie légère dont il était affligé !

Pour un chanteur, avoir une bonne oreille est primordial ! (*)

(*) Quelques petits tests complémentaires m’ont confirmé que, finalement, cette « amusie » n’était pas si légère que ça ! Olivier repérait vraiment « très difficilement » les notes et les intervalles faciles que je lui jouais au piano…

L’aspect psychologique, déjà évoqué plus haut, a aussi retenu mon attention. Bien qu’il soit en parfaite santé et bénéficie d’un travail intéressant assurant son indépendance financière, je sentais chez ce jeune homme une certaine tristesse… sur laquelle il ne m’a donné aucune explication.

Nous avons opté pour un « cours vocal intégral » qui seul était à même de traiter « de front » ces divers problèmes.

Voir le billet : « Le chant thérapie, un travail vocal intégral »

Les premiers rendez-vous

Ils se sont déroulés le mieux du monde. Olivier apprécia beaucoup les relaxations, le travail couché et les massages. Très rapidement, il me dit se sentir très bien à la fin des cours. Il partait comme « ragaillardi », plus joyeux.

Pendant ces premières leçons, nous avons naturellement consacré beaucoup de temps à la rééducation de l’oreille. Juste après le travail couché, je lui faisais patiemment répéter des notes et groupes de notes que je jouais au piano. Leur repérage était souvent laborieux (malgré leur facilité) et les temps de réponses très longs ! Cependant, un progrès encourageant montrait le bout de son nez !

Pour des informations sur l’amusie, voir le billet :

« Problèmes d’oreille chez le chanteur »

Taïchi vocal

Tout au début, parallèlement au travail d’oreille, le Taïchi eut une place de choix.

En position allongée, Olivier réussit assez vite à coordonner expiration et production sonore si bien que l’équilibre pneumo-phonique a été réalisé assez correctement dans les cinq premiers cours. Il faudrait naturellement pérenniser cette réussite en position verticale, ce qui n’est jamais très évident au début.

Ces sujets sont traités dans les billets : « La technique vocale fondamentale » et « Les fondamentaux de la technique vocale »

Premières vocalises

Elles furent consacrées à obtenir des « ô » corrects sur des exercices simples (quintes ascendantes en sons conjoints, arpèges d’accords de quintes, etc.)

Olivier réussit assez vite à chanter des ré3 (sur « ô ») « justes », bâillés dans une assez bonne position de résonance. Ce travail de base, surveillé d’une façon drastique, contribuait grandement à éduquer son ressenti tonal et, de ce fait, participait à la rééducation générale de son oreille… (*)

(*) Cahin-caha, il progressait assez rapidement en vocalisation sans arriver cependant à concrétiser cette avancée dans les chansons. Il détonnait allègrement lors des petits essais que nous faisions parfois en fin de leçon !

La gymnastique vocale

Nous l’avons entreprise dès la fin du premier mois de cours. Il était indispensable qu’il apprenne à articuler largement, en maintenant sa ligne de chant. Il avait aussi un besoin urgent de tonifier son appareil articulatoire qui était un peu mou !

Je dois dire qu’il a travaillé très sérieusement et très dur !

En quelques leçons, tous les éléments de la gymnastique ont été parfaitement compris et de mieux en mieux exécutés. Les diverses quintes syllabiques qui la composent (dans un ambitus de travail qui se situait entre la1 à mib3) progressaient en qualité et en justesse à chaque rendez-vous.

La statique corporelle également se rectifiait peu à peu ! (*)

(*) Au tout début, Olivier avait (comme dit plus haut), tendance à se vouter légèrement, ce qui gênait l’ouverture sternale. D’autre part, sa cambrure allait à l’encontre de l’ouverture dorsale ! Il est facile de comprendre que ces deux défauts réunis ne servaient ni la respiration profonde ni la verticalité ! Il était indispensable d’y remédier au plus vite !

Quelques leçons et beaucoup de volonté de sa part, ont réussi à corriger assez rapidement, et de façon sensible, ce défaut. A ce sujet, il m’a assuré faire très attention à sa tenue également dans sa vie de tous les jours… Compte tenu des progrès réalisés, je l’ai cru sur parole !

Pour l’inciter à persévérer, j’avais même renchéri en disant :

- D’ailleurs tu es beaucoup plus beau lorsque tu te tiens droit !

Il m’avait répondu avec un sourire :

- Sûr !

Notre gymnastique vocale, désormais très correcte, a rapidement constitué un échauffement vocal de choix que nous pratiquions au début de chaque leçon. Olivier « s’égarait » encore parfois mais… de moins en moins. Bientôt, il maîtrisa très bien les quintes syllabiques… pratiquement sans fausses notes !

Voir des précisions sur la gymnastique vocale dans le billet : « L’articulation dans le chant ».

Vocalisation plus affirmée

Progressivement, je glissais des difficultés supplémentaires dans notre programme. Les modulations et la « messa di voce » ont bientôt fait leur apparition.

Ces exercices sont expliqués en détail dans le billet : « Le cours de technique vocale type »

Cependant, en dépit de tous nos réels progrès, le chant lui-même n’était pas convaincant au point de vue justesse. Dans les chansons, Olivier « déraillait » souvent à la plus petite modulation… Il ne prenait pas la bonne note et continuait à chanter sans s’apercevoir vraiment de son erreur. En quelque sorte, il inventait un air à sa convenance, retombait quelquefois sur ses pieds un peu plus loin… où pas !

Les Vaccaj

Il m’avait dit les avoir un peu travaillés lors de son année de conservatoire. Un jour, il me demanda d’essayer d’en reprendre les premières leçons. Cette expérience n’a pas été concluante et j’ai dû renoncer très vite… la voix ne tenant pas du tout.

Dans quelque temps, tout irait sans doute mieux. Il fallait être patient et ne rien bousculer ! Nous les reprendrions le moment venu.

La communication avec autrui

Elle s’améliorait beaucoup. Il me dit se sentir plus sûr de lui et oser davantage se lancer pour aborder et parler avec les gens !  Il me racontait quelquefois ses nouveaux succès dont il était très fier. J’en étais heureux moi-aussi en constatant que l’effet désinhibant des cours agissait déjà fortement sur lui...

Tout cela allait dans le bon sens !

Amsterdam

Un jour, il m’apporta cette inoubliable chanson de Jacques Brel. Il l’avait travaillée seul, patiemment, revisitant dix fois chaque phrase ! En fin de cours, il l’a chantée au micro sur play-back ! Quelques dérapages subsistaient mais j’ai été vraiment surpris et… tout à fait conquis par la vérité de son chant. Ce garçon était un interprète né ! La preuve était là, sous mes yeux, aveuglante ! Totalement concentré, il était vraiment « habité » et transmettait son émotion de façon tangible. C’était un véritable artiste !

Chez Olivier, seul le « véhicule vocal » était à réviser, l’Art était en lui ! (*)

(*) Notons ici que l’oreille et la voix peuvent s’améliorer alors que L’Art ne s’apprend pas ! On ne devient pas artiste… On l’est… ou on ne l’est pas !

Lui, l’était !

Ce moment fut décisif pour moi ! J’ai senti comme jamais que le besoin de s’exprimer par le chant était vraiment « vital » pour lui… qu’il fallait absolument qu’il y parvienne.

J’allais donc m’investir à 1000% pour l’aider à réaliser son rêve : bien chanter !

Les mails

J’avais de temps en temps la surprise et le plaisir de recevoir un mail avec ses essais sur telle ou telle chanson en pièce jointe… Je donnais mon avis en retour et nous en reparlions au cours suivant. Je constatais ainsi tout le fabuleux travail que fournissait ce garçon en plus de son métier très prenant de serveur !

Un jour, il me « posta » – toujours de Jacques Brel - la très belle chanson : « La ville s’endormait… » qu’il avait enregistrée chez lui ! A part quelques phrases difficiles où la note d’attaque était un peu « aléatoire », je fus tout à fait convaincu… le miracle « d’Amsterdam » se renouvelait dans un style tout à fait différent !

Concert d’élève

Un concert d’élève était prévu à la fin du mois suivant ! Jusqu’à cet instant, je ne pensais pas pouvoir le faire chanter – cette année du moins - en public ! Or, une petite voix intérieure me dit qu’il serait peut-être bon d’essayer… (*)

(*) Le risque n’était pas pour moi, mais seulement pour lui. Je redoutais qu’un « ratage » toujours possible (surtout avec le trac) ne l’atteigne profondément.

C’était quitte ou double ! Un jour, ayant finalement pris ma décision, je lui ai « glissé » :

- Je pense que tu pourrais chanter tes deux chansons de Brel au prochain concert !

Assez surpris, il me répondit :

- C’est vrai ?

- Oui, tes progrès sur ces chansons sont tels que je pense cela… possible !

- Super !

- Seulement, il faudra travailler double et ne pas te disperser à faire n’importe quoi au karaoké ?

- Promis !

Nous avons travaillé d’arrache-pied ces deux chansons pendant le petit mois qui nous séparait de la date « fatidique ». Le jour du concert - qui mêlait chanteurs lyriques et chanteurs modernes de tous niveaux - Olivier était livide en attendant son tour !

Lors de son passage, j’ai eu le trac de ma vie ! J’étais tellement concentré sur son chant – prêt à le soutenir le cas échéant – que j’ai oublié de le prendre en photo (alors que je faisais un cliché de chaque participant).

Ce soir-là, Olivier s’est surpassé et a chanté comme un vrai professionnel. Il n’imitait pas Brel, il interprétait… ce fut génial ! Il a obtenu un très gros succès ! Les élèves qui étaient présents ce jour-là m’en parlent encore !

Inutile de dire sa joie ! Elle ne l’a pas quittée de toute la soirée… qui a été longue !

Un groupe

Olivier m’annonça un jour qu’il avait intégré un groupe de rock comme chanteur ! Ma surprise passée, je l’ai mis en garde sur les risques de faire un peu n’importe quoi avec sa voix pour briller devant les copains… Mais comment l’empêcher de « s’amuser » un peu, même si sa voix n’était pas encore placée et son oreille toujours très incertaine ? Sa technique d’appui le protégeait déjà énormément…

Au fil du temps, j’ai eu moins d’inquiétude… cahin-caha tout semblait bien se passer avec le groupe. Les morceaux – dont il me chantait parfois quelques extraits - ne me parurent pas trop « risqués » ! Ce n’était pas du rock dur !

Au cours, les progrès continuaient…

Gorge sèche à droite

Quelques mois après notre concert, au début d’une leçon, il m’annonça qu’il avait mal d’un côté du larynx. Ce jour-là, j’ai eu peur qu’un forçage quelconque n’ait provoqué un traumatisme. Il m’a juré qu’il n’avait pas forcé en chantant mais je suis resté sceptique ! Il m’a dit se rendre au karaoké de temps en temps… en faisant attention. Je sais pertinemment que dans le feu de l’action, surtout lorsque l’oreille n’est pas très bonne et la technique encore un peu jeune, on peut faire les pires bêtises ! Et puis, il y avait le groupe…

Voir pour information les billets : « Le nodule de la corde vocale » et « Je viens d’être opéré d’un nodule »

Ce jour-là un léger « raclement » était perceptible sur sa voix, notamment sur les « à clairs », dès le médium. Je n’ai jamais pensé qu’il pouvait s’agir un nodule (même minuscule) car nous réussissions certains exercices très doux qu’il n’aurait jamais pu mener à bien avec un tel traumatisme. En revanche, je redoutais un début de « monocordite ». (*)

(*) Dans la monocordite, le larynx fonctionne en déséquilibre, l’une des deux cordes vocales étant moins sollicitée que l’autre. En laryngoscopie, on voit une corde rouge alors que l’autre reste pratiquement normale.

Pour des explications plus précises sur la monocordite voir le billet : « Douleur au cou en chantant »

Ce jour-là, après une leçon « très » rééducative, il est heureusement parti en assez bonne forme. Je lui ai néanmoins conseillé la plus grande prudence pendant la prochaine semaine. Nous avions essayé sans succès, à la fin du cours, de joindre un excellent ORL que je connaissais. J’avais naturellement envie de savoir ce qu’un professionnel penserait de cela. En attendant un avis médical sérieux, je lui ai conseillé un petit traitement homéopathique qui m’avait réussi un jour :

- Prends, pendant toute cette semaine, ensemble et quatre fois par jour, trois granules d’Arnica 5ch et trois granules d’Arum tryphillum composé. Ce sont des médicaments homéopathiques – sans aucune contre-indication - susceptibles de te faire le plus grand bien. Et… tais-toi !

- Je les achète en sortant… et je me tais !

- Essaie aussi de rappeler le docteur. J’aimerais bien avoir son avis.

- Je le ferai demain !

Le cours suivant

Olivier avait eu très peur et s’était tenu tranquille toute la semaine ! Il n’avait pas réussi à joindre le spécialiste ORL. Bizarre… celui-ci était peut-être malade ? Ou en vacances ?

Ce cours – très rééducatif comme le dernier - a été consacré à une longue relaxation suivie d’essais vocaux très doux en position allongée.

La vocalisation qui suivit se résuma seulement à quelques exercices de gymnastique vocale suivis d’une vocalisation « hyper-contrôlée » sur les voyelles ô et i.

Le « â » (de âme) fut ensuite abordé avec succès avec des quintes ascendantes chantées très lentement ! A la fin de la leçon, il était incontestable que la voix d’Olivier avait beaucoup récupérée. (*)

(*) Aucun des petits « craquements » perçus la semaine précédente ne s’étaient produits.

Nous avons ensuite chanté sans ennui majeur : « Le petit garçon ». (*)

(*) Une magnifique chanson de Jean-Loup Dabadie et Jacques Datin que Serge Reggiani a interprété de si émouvante façon.

Olivier et moi étions en partie rassurés ! A la fin du cours, tout joyeux d’avoir retrouvé un peu de voix… et déjà insouciant, il m’annonça qu’une séance d’enregistrement avait lieu dans trois jours avec son groupe !

Assez contrarié, je l’ai mis encore une fois en garde :

- C’est tout à fait le moment !!!

- Je ferai très attention…

Que répondre ?

Voix et enracinement

Le cours suivant ce fameux enregistrement a été vécu sans drame. Apparemment, Olivier avait tenu parole et s’était ménagé pendant toute la semaine (y compris le jour de l’enregistrement qui s’était, selon lui, bien passé !)

Après un échauffement – sur mesure - nous avons pu vocaliser doucement mais très complètement. Sa voix paraissait normale, bien qu’il me dise sentir encore un peu « quelque chose » du côté droit de son larynx !

Point fort de ce cours :

L’enracinement de la voyelle « i » qui fut abordé ce jour-là avec beaucoup de prudence, mais aussi avec une réussite certaine ! (*)

(*) Ouf ! Aucun problème n’a montré le bout de son nez pendant cet exercice délicat !

Comme la dernière fois, « Le petit garçon » clôtura notre séance ! C’était indéniable : la voix d’Olivier avait retrouvé un certain tonus et une certaine souplesse.

Lui, la « sentait » encore un peu fragile…

Pour de détails sur l’enracinement des voyelles, voir les billets :

« Comment sortir mes aigus », « L’équilibre du chanteur » et, surtout « L’équilibre vocal ».

Période de transition

Les cours qui suivirent cet épisode « de fragilité » furent consacrés à un travail tout en précision que je surveillais d’une façon encore plus drastique que d’habitude ! Olivier, qui avait eu très peur, se montrait attentif comme jamais !

L’enracinement du « i », désormais assez bien compris progressait doucement et facilitait l’émission des autres voyelles. Des « é » et surtout des « â » mieux ancrés firent progressivement leur apparition. En chantant lentement ces « â » sur des quintes ascendantes, il nous arrivait maintenant de dépasser mi3, flirtant dans les très bons jours avec fa3 voire fa#3… le deuxième passage s’effectuant presque correctement.

La respiration dorsale

Le mois suivant, la voix d’Olivier semblait enfin complètement rétablie mais, pour l’épargner au maximum dans cette période de relative fragilité, j’insistais pour qu’il s’applique à obtenir une respiration « dorsale » exempte de tout défaut. Je lui demandais en quelque sorte d’exagérer le geste inspiratoire habituel en donnant une plus large part au souffle purement dorsal ! Il ne s’agissait pas de prendre plus de souffle mais de le placer d’une façon plus équilibrée !

Un miracle ?

Non ! Seulement la suite logique de notre travail !

Nous avions mis en chantier « Caro mio ben » qu’Olivier chantait dans une tonalité respectant ses possibilités actuelles. Il s’était vite passionné pour ce travail « lyrique » ! (*)

(*) J’étais persuadé que cet « Aria antica », joli et très bien écrit pour la voix, lui serait maintenant très utile pour l’aider à mieux structurer et tonifier son émission. La suite m’a donné raison !

Nous avancions donc joliment sans qu’aucun trouble vocal ne vienne gêner cette progression lorsqu’un jour, le fameux miracle eut lieu ! Sur la fin du cours, reprenant pour la troisième fois notre Aria, et le sentant très en forme, je lui ai demandé de faire un dernier essai en chantant plus fort et plus loin !

Bombant le torse, souffle bien en place, il s’est vraiment « lâché » ! Le résultat fut immédiat. Sa voix se libéra complètement. En quelques instants, sa puissance vocale avait quadruplé ! C’était très impressionnant… tout à fait comme si un nouveau chanteur venait de naître sous mes yeux !

Ce cours s’achevait sur un coup de maître ! La semaine suivante tiendrait-elle les promesses que celle-ci laissait présager ?

Epilogue

Elle les a tenues ! Au cours suivant, nous avons retrouvé la même facilité et la même puissance.

Un grand pas « libérateur » avait donc été franchi.

Néanmoins, il reste bien des choses à régler, en particulier le problème d’oreille qui, bien que moins présent, perdure encore…

Nous en sommes là !

Olivier comprend et… réalise très bien. Donc, tous les espoirs sont permis !

Il m’a annoncé son intention de faire - dans un an - un petit concert Jacques Brel et d’y inclure notamment des chansons peu connues du grand Jacques…

C’est un but… nous ferons ce qu’il faut pour cela !

A bientôt ?

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Jean Laforêt

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