Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 19/12/2018  
 
Le Billet Actu (148/161)

Chronique du Vendredi 27 décembre 2013

J'ai un trou dans ma voix

Paul H. (25 ans - Etudiant chanteur)

Bonjour,

Je suis étudiant en chant lyrique, j'ai 25 ans. Je suis tombé par hasard sur votre site en cherchant des informations sur la voix. Je dois vous remercier pour son contenu qui m'a littéralement captivé. J'ai trouvé de nombreuses réponses à des questions que je me posais sur la respiration, l'appui et les passages. Ces lectures m'ont décidé à vous parler d'un problème qui me perturbe beaucoup. J'ai une faiblesse importante dans le médium, comme un trou dans ma voix. Le son chute brusquement pour reprendre son tonus un peu plus haut. Je n'arrive pas à m'en sortir. Peut-être est-ce congénital ? J'aimerais faire un bilan. Mon tel est le (x). Merci d'avance !

Paul

Ma réponse

Paul,

Merci de votre mail dont je viens de prendre connaissance. Le problème que vous m'exposez est, somme toute, assez courant. Je vous donnerai une réponse fiable après vous avoir entendu en bilan mais, en principe, un bon travail technique devrait arranger ça assez vite. Je vous appellerai demain pour que nous puissions prendre rendez-vous.

Bien cordialement

Jean Laforêt   www.jean-laforet.fr

Bilan vocal de Paul

J'ai reçu Paul la semaine suivante. Il est grand, brun et d'allure sportive. Son franc sourire et sa poignée de main ferme m'ont tout de suite plu. Confortablement installé, il m'a parlé en détail de son problème de… " trou " dans le médium de sa voix. Il est, selon lui, baryton avec un grave assez sonore (la1) et un aigu aisé (le sol3 et même le la3, me dit-il, sont atteints assez facilement). Il est élève au conservatoire de (X) où il chante actuellement " Soir " de Fauré et " Avant de quitter ces lieux ", l'air de Valentin extrait du Faust de Gounod. C'est surtout dans cet air qu'il ressent les difficultés dont il me parle. Il ajoute :

- Cela ne date pas d'hier, j'ai toujours eu ce problème !

- Je l'ai vu chez plusieurs élèves. En principe, un bon travail technique devrait en venir à bout.

- Dieu vous entende !

- Tu fais quels exercices ?

- Au conservatoire, on a peu de temps. Nous faisons seulement quelques arpèges sur â pour chauffer la voix…

- Oui, je vois. Nous allons faire les tests mais je peux te dire tout de suite qu'il faudra un travail soutenu pour " tisser " ton médium !

- Tisser ?

- Oui, reconstruire. Ce n'est pas seulement avec des " â " que l'on peut faire cela. Si tu as lu des billets, tu as dû voir que je donnais beaucoup d'importance aux modulations ?

- Oui ! Moi, je n'en fais jamais.

- Nous reparlerons de tout ça ! Faisons d'abord les tests.

- OK !

Les tests vocaux

Ils ont été réalisés torse nu et ventre libre.

Paul a chanté tout d'abord - a cappella - une partie de son air d'opéra (Avant de quitter ces lieux…). Le timbre était harmonieux et il chantait avec goût. J'ai effectivement constaté que, dans le médium, la voix perdait beaucoup de son mordant (le fameux trou) mais aussi que le grave n'était pas vraiment - à mon avis du moins - celui d'un baryton. Etait-il ténor ? C'était possible mais cela n'expliquait qu'en partie cette chute de sonorité dans le médium. (*)

(*) La faiblesse du médium n'est pas spécialement l'apanage des ténors…

En revanche, la respiration et l'appui laissaient vraiment à désirer. Le souffle demeurait très " bloqué " au niveau de l'abdomen (poussé à l'avant), les côtes ne " jouaient " que très peu. Cela indiquait que le corps était contraint et " s'ouvrait " mal, la respiration dorsale étant occultée. J'ai constaté aussi que Paul était très cambré… ce qui n'arrangeait rien, bien au contraire ! (*)

(*) Pour m'expliquer autrement, il se servait d'un appui unique. L'abdomen, poussé vers l'avant " restait " toujours extrêmement contracté pendant le chant, aussi bien dans le grave que dans l'aigu ! Ce gros défaut était bien sûr facilité, pour ne pas dire " encouragé " par son ensellure très prononcée…

Nous avons fait ensuite quelques exercices sur plusieurs voyelles. Les é et les i, comme chez de nombreux élèves, étaient serrés dans l'aigu et, chez lui, particulièrement inexistants sur mi2 fa2 sol2 du médium. (*)

(*) Dans l'aigu, ces voyelles " fermées " n'étaient pas bâillées correctement, restant beaucoup trop étroites. Dans le médium, elles ne sonnaient pas du tout !

En revanche, sur â, nous avons parcouru un ambitus assez important sans avoir ce problème. Le deuxième passage, qu'il effectuait sensiblement sur fa3, se rapprochait diablement de celui d'un ténor ! (*)

(*) J'étais moi-même baryton… je donnais des la3 tenus mais, malgré tout, mon deuxième passage se faisait sur mib3 !

Décision de travail

Paul choisit d'entreprendre un travail intégral. Il avait lu le billet le concernant et était très curieux d'essayer cette " thérapie " vocale. Dans son cas, ce n'était pas vraiment obligatoire mais, tout compte fait, cela permettrait un résultat plus rapide et surtout plus complet.

Voir le billet : " Le chant thérapie, un travail vocal intégral ".

Il ajouta, pour justifier son choix :

- Je n'ai pas l'air comme ça, mais je suis très nerveux !

- Je m'en doutais un peu, sans en être vraiment sûr !

- J'ai quelquefois des accès de colère…

- Je vois ! La colère est ta soupape de sécurité ! Elle te permet de ne pas garder tout pour toi…

- Oui, mais c'est quelquefois gênant. Je regrette après coup de m'être laissé aller…

- Plus jeune, j'ai eu le même problème. C'est un homéopathe qui m'avait soigné… En ce cas, les relaxations, le taïchi et les massages te feront beaucoup de bien. Ce qui n'exclut pas de demander conseil à un médecin…

- On verra !

Les premiers cours

Paul n'avait jamais fait de relaxations mais parvint à obtenir une détente satisfaisante dès les premières leçons. Il me disait que c'était très agréable de se laisser ainsi aller, en oubliant tout ! Il prêchait un convaincu. J'avais moi-même beaucoup pratiqué cet exercice à une certaine époque et en avais tiré le meilleur parti. De plus, avec un corps détendu, la respiration est de bien meilleure qualité !

Voir le billet : " La relaxation pour mieux chanter "

Le taïchi (en position allongée) qui suivait se déroulait sans problème particulier. Paul comprenait et exécutait parfaitement les exercices demandés. La plupart d'entre eux avaient lieu jambes repliées afin de compenser au mieux sa cambrure. De cette façon, pendant les diverses expirations contrôlées, son ventre se comportait tout à fait correctement, réalisant un bon équilibre de tensions. (*)

(*) En position allongée sur le dos, un excellent exercice consiste, après avoir pris une inspiration abdominale moyenne, à produire - souffle arrêté - un " Pss " assez fort (en insistant bien sur la consonne " P "). Bien réalisée, cette expiration bruyante donne exactement le schéma du mouvement d'appui que l'on doit employer dans le chant (dans lequel il constitue alors le soutien vocal et doit naturellement être adapté à la phrase musicale à interpréter…)
Cet appui module sans cesse… c'est un appui dynamique !

L'équilibre pneumo-phonique

Il s'agit de la relation équilibrée " souffle/voix ".

Toujours en position allongée sur le dos et jambes repliées, j'ai commencé très rapidement à travailler ce geste avec Paul. Je ne donnerai pas ici le détail de cette progression, importante s'il en est, l'ayant déjà expliquée dans de nombreux billets.

Voir les billets :

" La technique vocale fondamentale "

" Les fondamentaux de la technique vocale "

" Respiration et appui vocal "

" Le cri du corps "

Attaques sur " Pssè "

C'est un exercice tout simple que j'ai choisi afin de commencer à aider mon chanteur à " combler " sa faiblesse du médium.

Comme base, je me suis servi des expirations bruyantes sur " Pss " expliquées plus haut qu'il réussissait parfaitement. L'exercice a tout simplement consisté à sonoriser Pss à l'aide de la voyelle " è " !

Cela donnait donc : Pssè.

Nous avons travaillé un certain temps avec cette onomatopée en attaques (relativement brèves) sur des descentes de gammes.

Pratique :

En position allongée sur le dos, jambes repliées pour compenser l'ensellure, prendre une légère inspiration abdominale. Ensuite, souffle arrêté, attaquer très nettement Pssè sur ré3 (donné à titre d'exemple) et chanter une descente de gamme avec des attaques brèves (une seconde environ) " Pssè " sur chaque note. Faire cet exercice par demi-tons descendants. (*)

(*) Bien insister sur Pss qui précède è ; ambitus : environ si1/ré3.

Important :

Chacune de ces attaques doit être suivie d'une réactivation diaphragmatique. Il ne s'agit aucunement de descendre la gamme en apnée… dans ce cas, l'exercice n'existerait plus !

Très vite, je fus tout heureux de constater que ses notes les plus faibles (ré2 mi2 fa2 sol2) sonnaient de mieux en mieux. (*)

(*) Ce petit miracle était dû à une place vocale conservée depuis les notes les plus hautes grâce à " un appui dynamique " rendu pratiquement correct par notre travail en amont.

Un peu après, avec le même exercice d'attaque sur des gammes descendantes, je me suis servi du son " iè ", la voyelle " i " devenant directrice. Le résultat ayant été probant, nous avons ensuite prolongé ces attaques avec des sirènes et autres courbes, en conservant " autant que faire se pouvait " - et sans serrer la gorge - le timbre initial (è) obtenu dans le haut-médium !

Au bout d'un certain temps, il fut incontestable que ce travail payait. Le médium gagnait en tonicité et en timbre. Il était maintenant temps de concrétiser ce progrès avec des exercices " legato ".

Une vocalisation à l'aide du timbre vocalique, allait grandement contribuer à cela !

Le timbre vocalique

Avant de me lancer dans une série d'exercices plus " habituels " aux chanteurs lyriques (en position verticale, cette fois-ci), j'ai utilisé un certain temps cette " couleur " un peu spéciale pour continuer à tonifier et unifier sa voix. Nous avons tout d'abord chanté avec elle des descentes de gammes en attaques, semblables à celles de l'exercice expliqué ci-dessus. Des sirènes et autres courbes leur ont succédé. (*)

(*) Le timbre dit " vocalique " est le résultat d'un mélange de voyelles et ne ressemble à aucune en particulier.

De nombreuses explications sur cette couleur vocale et la manière de la produire figurent dans le billet :

" Le timbre vocalique "

Vocalisation personnalisée

La modulation " â on an â "

Cette modulation, comprenant deux nasales, contribua beaucoup à aider Paul à " étoffer et sonoriser " son médium !

Pratique :

Sur une note du bas-médium (ré2 par exemple), en bonne statique verticale, effectuer une attaque correcte - souffle arrêté - avec le son " â " (de âme) ; poursuivre avec " on " et " an " et terminer avec â ". Ces quatre sonorités seront chantées deux secondes environ chacune (tout cela, selon la forme du moment) et très legato (*)

(*) Avec Paul, l'exercice a été fait dans un ambitus couvrant approximativement " la1/la2 " mais celui-ci peut naturellement varier suivant les voix… par exemple, une basse gagnera à commencer une tierce plus bas.

Important :

La sonorité " on ", sera chanté maxillaires ouverts, joues creusées et mâchoire bien abaissée. On ne doit en aucun cas la laisser " s'emprisonner " dans le nez mais, au contraire, entendre distinctement sa résonance, ainsi que celle du " an " qui suit ! (*)

(*) Pincer ses narines entre le pouce et l'index tout en chantant cette modulation est une excellente façon de savoir si elle est en place. Si les sons " on " et " an " sont extrêmement nasillards ou s'arrêtent brusquement… l'émission n'est pas bonne. Dans ce cas, accentuer un peu l'abaissement de la mâchoire et le creusement des joues sur les voyelles nasales…

La modulation " â é i ô u ou on an â "

Parallèlement aux relaxations et au taïchi qui étaient continués en début de séance, notre vocalisation de base s'était enrichie de nombreux exercices. Entre autres, tout en continuant le travail sur les nasales énoncé plus haut, j'avais introduit des modulations plus importantes.

" A é i ô u ou on an â " a été celle que j'ai enseignée en premier à Paul. Elle était chantée par demi-tons, très legato, avec un timbre soutenu dans l'ambitus approximatif sib1/sib2. (*)

(*) Mon chanteur savait désormais que sa voix pouvait " sonner " aussi sur ces notes-là… sa confiance était au beau fixe !

Vocalisation plus affirmée

Au fil des cours, notre vocalisation s'était encore beaucoup enrichie. Certains exercices s'étaient compliqués, d'autres avaient vu le jour ! Cependant, pour " cimenter " notre acquis, nous reprenions assez souvent certains de ceux que nous avions travaillés en position allongée (notamment les attaques sur " pssè, les sirènes et quelques arpèges en timbre vocalique)

Inutile de préciser que, pendant notre travail en position verticale, je surveillais la statique de mon chanteur d'une façon drastique pour obtenir la meilleure verticalité possible. Je lui demandais même (c'est exceptionnel de ma part) de basculer légèrement le bassin afin de compenser sa cambrure. (*)

(*) En principe, je préconise une statique verticale (type fil à plomb) sans faire intervenir volontairement la bascule du bassin. Mais là, elle m'avait semblé nécessaire, au moins pour un temps…

Encore des modulations

Après un échauffement bien ciblé, basé maintenant sur toutes les voyelles, nos exercices les plus " lourds " restèrent des modulations. La première que nous avions travaillée " a é i ô u ou on an â ", dont je parle plus haut, était désormais chantée à chaque cours, par demi-tons ascendants et en voix relativement intense (bas-médium et médium). Elle faisait merveille ! Les sons on et an, antérieurement bien repérés, " marquaient " la résonance nasale, permettant aux autres voyelles de trouver un bon équilibre dans cette partie de sa tessiture. (*)

(*) De nouvelles sensations " vibrantes " émergeaient et s'installaient…

Un peu plus tard, j'ai introduit la modulation (â é i ô u i) destinée au haut-médium et à la zone du deuxième passage (sensiblement do3/fa#3). Paul, possédant déjà une assez bonne " couverture " du deuxième passage sur â, n'eut que peu de difficultés à la chanter correctement dès les premiers essais.

Tout se déroulait selon " nos " vœux !

Le fameux " trou " s'éloigne…

Au bout de quatre mois, son médium s'était diablement amélioré. Le fameux " trou " ne faisait pratiquement plus parler de lui ! Nos leçons étaient désormais pratiquement celles d'un chanteur entretenant son potentiel…

Nous commencions notre échauffement sur " ô " avec des quintes et des arpèges d'accords de quintes, suivis d'arpèges d'accords parfaits et de dixièmes sur les voyelles é/i et â.

La " messa di voce "

Bien évidemment, la " messa di voce " sur " â " avait revêtu très vite une place de choix dans notre progression. (*)

(*) Avec cet exercice " roi " particulièrement difficile, j'ai insisté assez longtemps sur une exécution " la plus parfaite possible " du bas-médium et du médium (environ de sib1 à sib2).

Bientôt, le haut-médium et la zone de passage (mi3/fa#3) ont pu être couverts à leur tour.

Voir sa pratique dans le billet : " Le cours de technique vocale type ".

Les arpèges :

Paul parcourait désormais facilement, en arpèges, un ambitus allant de sib1 à la3 sur les voyelles i/é/â. Les voyelles é et les i, qu'il serrait beaucoup auparavant, étaient désormais bâillées dans la bonne tradition. La voyelle " royale " â - travaillée en alternance avec les voyelles fermées - avait également gagné en amplitude et en luminosité.

Voir les billets :

" La couverture de la voix (première partie) "

" La couverture de la voix (deuxième partie) "

Eurêka ! Un ténor est né !

J'étais de plus en plus persuadé que Paul était ténor. Je n'eus plus aucun doute quand, un peu plus tard, il réussit (sur " â ") des sib3 tenus un bref instant au sommet d'un arpège ! La couleur ne trompait pas, il était bien ténor !

Maintenant, après notre échauffement et différents exercices toujours plus toniques, mes trois modulations préférées (chantées à pleine voix) se succédaient en fin de cours :

A é i ô u ou on an â (pour le bas-médium et le médium)

A é i ô u i (pour le haut médium et la zone du deuxième passage)

I ou o (de bol) â è (zone de passage et aigu, sans dépasser sol#3 pour le ténor)

L'arpège de Rossini

Un peu plus tard, l'arpège de Rossini : do mi sol do mi sol fa ré si sol fa ré do (en do majeur), vint compléter notre programme.

Nous le chantions sur les voyelles â/é.

Tout d'abord, deux arpèges consécutifs (sans reprendre haleine) sur â : le premier étant souriant (pommettes soulevées), chanté joyeusement et forte ; le second, avec le même faciès soulevé mais… tristement et mezzo-forte. Après avoir respiré, nous passions ensuite à " é " avec les mêmes contraintes (*)

(*) Mon maître Nick Tzico parlait de sons " joyeux " et de sons " pleurés ". Il me demandait, comme expliqué ci-dessus, deux arpèges consécutifs sur " â " suivis de deux autres sur " é ". Le tempo demeurait le même pour les deux arpèges… il ne fallait pas ralentir l'arpège mezzo-forte mais simplement changer " l'intention ".

Note importante :

Je précise que le son " é " demandé était un " é " bâillé et non un " é " pincé à l'avant à la française ! On pense " é " mais la résultante sonore - du fait du bâillement - est plutôt " ê " !

Comme je le pensais, avec l'arpège de Rossini, qui, s'il est bien chanté (et surtout pas en début de cours…), favorise l'aigu, des " si3 " sur " â " furent assez rapidement atteints, d'abord en virtuosité… puis très légèrement tenus !

Paul était incontestablement ténor et même… un ténor assez corsé !

L'Aperto-Coperto

Il était temps de lui faire travailler " l'Aperto-Coperto ", tel que je le conçois. Ce geste vocal lui serait d'une grande utilité. J'ai expliqué sa pratique en détail dans un billet. Je considère ce geste vocal comme " la cerise sur le gâteau " de la technique italienne !

Voir le billet : " L'Aperto-Coperto, son approche technique ".

Où était le " trou " ?

En six mois, il avait complètement disparu. Mon " ténor ", en faisant ses exercices, paraissait même l'avoir complètement oublié ! Nous avons repris un temps, pour le plaisir, l'air de Valentin (Faust, de Gounod) qu'il avait chanté au bilan. Il lui paraissait maintenant beaucoup trop grave… mais il parvenait tout de même à lui donner une certaine allure !

Une évolution vers des morceaux plus ténorisants était urgente et, bien sûr, au programme. Parmi les airs de ténors assez " centraux ", celui de Joseph de Méhul (Vainement Pharaon…) me parut être un bon choix, dans un premier temps, pour effectuer concrètement cette " mutation ".

Nous l'avons travaillé tranquillement phrase par phrase et, lorsque je fus certain qu'il convenait à sa voix, je lui ai conseillé de le proposer à sa classe de chant, au conservatoire…

Epilogue

Maintenant, à chaque cours, nous faisons défiler, en variant les plaisirs, tous les exercices qu'un chanteur lyrique se doit de faire journellement pour travailler sa voix.

Les principaux sont indiqués dans le billet :

" Le cours de technique vocale type "

La rééducation de Paul tire à sa fin… on peut même dire qu'elle est terminée.

Désormais, à la fin de chaque leçon, avant de s'essayer sur l'air de Joseph, il adore faire d'interminables " Messa di voce " sur les notes du médium qui l'avaient tant soucié…


A bientôt ?

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Jean Laforêt

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