Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 17/12/2018  
 
Le Billet Actu (150/161)

Chronique du Mardi 08 avril 2014

Les notes aiguës... mon problème !

Renaud V. (22 ans, étudiant en chant lyrique)

Bonjour monsieur,

Je me permets de vous écrire pour une chose qui vous semblera sans doute banale. J’ai vingt-deux ans, je suis baryton, étudiant en chant lyrique depuis trois ans au conservatoire de (X) et j’ai (et depuis toujours je crois), une peur bleue des notes aiguës. Maintenant, c’est à un point tel que j’envisage sérieusement d’abandonner le chant. Un de vos anciens élèves, Pierre (x) m’a conseillé de vous consulter avant toute décision. J’aimerais donc faire un bilan vocal le plus vite possible. J’attends votre réponse avec beaucoup d’impatience.

Bien à vous

Renaud V. (tel x)

Ma réponse

Renaud,

Je vous remercie de votre mail dont je viens de prendre connaissance. Non, votre problème n'est pas banal pour moi. Beaucoup de chanteurs ont la même préoccupation… à des degrés différents. Je ne peux rien vous dire sans vous entendre et vous voir chanter mais gardez l’espoir… j’ai vu très souvent ce genre de peur disparaître complètement avec une bonne technique d’émission. Je vous appellerai demain vers 11 h afin que nous prenions rendez-vous pour un bilan.

Bien cordialement

Jean Laforêt     www.jean-laforet.fr

Bilan vocal

J’ai reçu Renaud quinze jours environ après cet échange de mails. C’est un grand garçon d’aspect sportif, au regard direct et à la poignée de main franche. Néanmoins, je sentais chez lui une forte nervosité intérieure. Sitôt installé pour le petit entretien précédant les tests, ses premiers mots furent qu’il attendait beaucoup de ce bilan afin de savoir si, d’après moi, sa peur panique des notes aiguës avait une chance de disparaître… Il a ajouté, avec un discours un peu précipité, que j’étais en quelque sorte son dernier recours ! Je l’ai rassuré d’un sourire en lui répondant qu’à son âge tous les espoirs de « guérison » étaient permis ! Il m’a alors rétorqué gentiment qu’il essayait depuis tellement longtemps, et sans aucun succès, de chanter correctement ses aigus que ses réserves d’espérance commençaient à s’épuiser…

- Tu sais, j’ai connu une foule de chanteurs avec ce même problème ! Moi, le tout premier, j’ai eu des périodes d’insécurité à ce sujet.

- Vous aviez peur ?

- Oui, bien sûr, jusqu’au moment où j’ai bien dominé ma technique d’appui.

- L’appui ?

- Personne ne t’en a parlé ?

- Si, au conservatoire, on m’a dit de bien tenir mon ventre pour monter. C’est bien ça, l’appui ? contracter son ventre pour monter ?

- C’est en partie vrai… mais en partie seulement. On ne doit pas contracter son ventre n’importe comment ! L’appui doit être réalisé d’une façon dynamique dans un corps « ouvert » ! L’abdomen ne doit pas être bloqué une fois pour toute et surtout pas poussé à l’avant pour cela !

- C’est à ce point important ?

- Plus qu’important… essentiel ! En outre, il faut savoir qu’un appui dynamique correct, tout en assurant une distribution régulée du souffle (indispensable pour le legato), apaise le trac et, par conséquent, conforte le chanteur dans ses possibilités… notamment pour l’aigu !

- Mais on a insisté seulement pour que je contracte bien mon ventre pour appuyer mon souffle…

- Oui, bien sûr ! mais ce n’est pas aussi simple ! La technique d’appui dont tu me parles, à elle seule n’en est pas une. Non seulement elle n’est pas efficace, mais à mon avis à proscrire !

- Alors, selon vous, mon problème viendrait de là ?

- Pas seulement, mais certainement en grande partie. Nous reparlerons de tout cela… après quelques tests vocaux !

- OK…

Notre conversation, avant de commencer vraiment les tests, s’est prolongée encore longtemps. Ma conviction fut que Renaud était passionné par l’aspect technique du chant et qu’il n’abandonnerait certainement pas celui-ci aussi vite qu’il semblait le croire…

Les tests vocaux

Ils eurent lieu torse nu et ventre libre.

Renaud a tout d’abord chanté a cappella une partie de l’air de la caravane : « A travers le désert… », extrait de Marouf (Rabaud) qu’il travaillait actuellement. Il s’agit d’un morceau magnifique qui demande une certaine vaillance. La version baryton (il existe une version ténor) comporte de nombreux fa3 et culmine au sol3 (bien amené).

Malgré un « trac » palpable (il tremblait un peu), la voix était harmonieuse et le chant relativement juste. Cependant, dès ses premières phrases, je fus certain que sa respiration et son appui étaient totalement à revoir… ainsi que l’ouverture de sa gorge qui était plus qu’aléatoire. Les aigus, eux, n’étaient ni couverts ni enracinés et claironnaient tant bien que mal, sans véritable consistance ! (*)

(*) En outre, Renaud prenait très peu de souffle et le « bloquait » vigoureusement, abdomen poussé très bas, à l’avant.

Cette façon de procéder – comme dit plus haut – est à éviter ; elle limite énormément la respiration profonde, les côtes flottantes et le dos ne jouant pratiquement aucun rôle. De ce fait, elle affecte énormément la distribution harmonieuse du souffle et invalide l’émission. La souplesse vocale et le legato sont fortement perturbés !

(*) Cette manière d’appuyer son souffle est malheureusement assez répandue… De plus, Renaud était fortement cambré, ce qui n’arrangeait rien et « facilitait » même ce défaut !

Petite vocalisation

Nous avons continué nos tests avec quelques essais de vocalisation destinés à parfaire mon opinion sur son geste vocal.

Pour cela, nous avons parcouru, avec quelques exercices basiques, un ambitus d’environ une octave et demie (la1/mi3) sur diverses voyelles. Comme chez de nombreux chanteurs, les « i » et les « é » étaient serrés, mais ce n’était pas le plus grave ! Ce qui m’a surtout alerté fut, en plus de sa gorge mal dilatée, une « couverture » inexistante sur les voyelles ouvertes. Il ne savait pas du tout couvrir les sons. (*)

(*) Défaut majeur déjà constaté dans l’air qu’il m’avait chanté au tout début du bilan, mais encore plus évident ici au sommet d’un arpège…

A elles seules, ces grosses lacunes techniques suffisaient à expliquer sa peur des notes aiguës ! La seule méthode de Renaud pour les atteindre était de contracter son ventre au maximum. A partir de ré3, celui-ci devenait un bloc de béton poussé à l’avant, dont toute souplesse était exclue ! Sa « technique d’aigu » s’arrêtait là… (*)

(*) Ce qui précède peut paraître incroyable chez un étudiant en chant lyrique de vingt-deux ans fréquentant un conservatoire mais c’est pourtant la stricte vérité ! Les défauts techniques avérés dont je parle plus haut auraient déjà suffi à expliquer son problème mais, de surcroît chez Renaud, coexistait une nervosité à fleur de peau… ce qui aggravait considérablement l’ensemble du tableau !

Un sérieux cercle vicieux était installé !

Décision de travail

Notre série de tests terminée, je lui ai expliqué que sa « peur des notes aiguës » tenait à mon avis à deux choses principales : une technique vocale fondamentale pratiquement inexistante et une très sérieuse nervosité interne ! J’ai ajouté que son problème était « amendable » mais que, pour ces deux raisons, il me semblait tout à fait indispensable d’entreprendre un travail intégral afin de pouvoir traiter « ensemble » ces problèmes.

Il m’avait écouté très attentivement et j’ai senti chez lui comme un « ouf » de soulagement lorsque j’ai eu terminé.

- Ce bilan nous montre la voie de la guérison. Ne sois pas désespéré ! Nous avons mis les causes de ton problème en exergue, c’est essentiel ! Je pense vraiment qu’une solution existe !

- Je ne suis pas découragé, tout au contraire. J’ai confiance en vous et je suis prêt à faire tout ce qu’il faudra pour sortir de là.

- Je te remercie. Crois-moi, tout est prévu dans le cours intégral.

- Oui, je pense, j’ai lu le billet qui en parle !

Il avait en fait lu « et relu » le billet relatif à ce travail complet et il fut tout de suite d’accord pour l’entreprendre. (*)

(*) De toute façon, dans son cas, c’était la meilleure solution à envisager. A elle seule, une vocalisation, même très élaborée, n’aurait pas suffi à tout régler…

Voir le billet : « Le chant thérapie, un travail vocal intégral »

- Tu te savais nerveux ?

- Oh oui ! Pour un oui et pour un non, j’ai l’estomac noué et mal au ventre ! Ça se voit donc tant que ça ?

- Un peu, oui !

- Ainsi, d’après vous… ma nervosité et ma façon de chanter seraient responsables de cette panique pour les aigus…

- C’est plus que probable. Et puis, dis-toi bien que cette absence de technique contribue à alimenter ta nervosité. Les deux problèmes s’auto-entretiennent !

- Je comprends. Sincèrement, vous croyez que tout cela peut s’arranger ? j’aimerais tellement…

- J’en suis pratiquement certain !

- Il faudra combien de temps ?

- Ça, je n’en sais strictement rien. Nous irons le plus vite possible. Qui sait, nous aurons peut-être une bonne surprise…

- Et pour le conservatoire ?

- Continue tes cours. Les progrès s’installeront tout doucement.

- On commence quand ?

- La semaine prochaine ?

- OK !

Les premiers cours

Renaud n’avait jamais fait de relaxations. Néanmoins, dès les premières leçons, elles se révélèrent efficaces. Les massages qui suivaient les complétaient très activement en contribuant à gommer les nombreuses zones de tensions qu’il véhiculait sans vraiment s’en rendre compte. (*)

(*) Il m’indiqua les situer au bas du dos, à la nuque, au niveau de l’épigastre (estomac) et au ventre. En fait, tout son corps était plus ou moins tendu…

Il me dit aussi, comme beaucoup d’élèves avant lui, qu’il se sentait super-bien après les relaxations et les massages, ajoutant qu’il n’aurait jamais imaginé être aussi tendu !

Le taïchi qui suivait – toujours en position allongée – a consisté pendant quelque temps en une série d’exercices spécialement destinés à lui inculquer les notions élémentaires d’une respiration profonde dont il avait le plus grand besoin. Son corps, bien détendu par le travail précédent, nous facilitait la tâche ! Aussi, après quatre ou cinq leçons seulement, il fut capable de respirer profondément, sans aucune tension, avec un bon fonctionnement du diaphragme. Dès que cet acquis fut vraiment récurrent, j’ai ajouté à notre programme un exercice très simple - mais aussi très efficace - pour commencer à lui apprendre à ressentir puis à « réguler » le débit du souffle abdominal.

Pratique :

Le corps - le plus détendu possible - allongé sur le dos et les genoux relevés afin de compenser l’ensellure…

Après avoir pris une légère inspiration abdominale…

1- Exprimer très calmement et complètement le souffle par la bouche sans rentrer volontairement l’abdomen, en produisant assez fortement le bruit : Pss <<<

(Pendant cette opération, durant de 10 à 12 secondes environ, le ventre se contracte doucement – en place - pour expulser l’air)

2- En fin d’expiration, relâcher doucement la contraction abdominale et se laisser inspirer, bouche et gorge ouvertes (piliers souplement écartés)… et sans bruit !

(Le ventre remonte doucement, sans à-coup, les basses- côtes s’ouvrent)

3- La maîtrise de ce geste étant bien acquise, renouveler l’opération en allongeant progressivement la durée d’expiration ; le débit du souffle s’en trouve réduit.

(Celle-ci atteindra alors, selon les personnes, une vingtaine de secondes et parfois plus !

4- Le geste suivant consistera à déclencher les inspirations réflexes en faisant varier les temps d’expiration (la durée du Pss <<<)

(Alterner des expirations courtes avec de plus longues)

On sera attentif au jeu des basses côtes… la respiration obtenue ne devant en aucun cas se cantonner au seul abdomen…

Equilibre pneumo-phonique et cris

Les rapides progrès de Renaud me comblaient. Très vite, j’ai pu travailler avec lui l’équilibre pneumo-phonique en l’initiant aux cris contrôlés, la véritable base de l’émission vocale. Ce travail est abordé dans les billets suivants :

« La technique vocale fondamentale »

« Les fondamentaux de la technique vocale »

« Le cri du corps »

« J’ai peur des aigus »

Vocalisation très surveillée en position verticale

Je suis conscient que toute vocalisation doit toujours être très surveillée mais, pour Renaud, je devais me montrer encore plus difficile afin de gommer définitivement ses gros défauts de respiration, d’appui… et d’ouverture de gorge !

Désormais, après notre travail allongé - qui était continué en partie – je l’ai fait vocaliser tout d’abord sur des « ô » avec des supports extrêmement basiques. Des quintes et quelques arpèges réalisés dans le médium de sa voix suffisaient amplement pour ce travail. L’important était que nos exercices soient parfaitement exécutés ! Je ne laissais passer aucune erreur, si petite soit-elle : les attaques, la place de la voix, et l’appui étaient contrôlés à 100% !

A ce sujet, lire attentivement le billet : « Respiration et appui vocal », spécialement explicatif.

Bientôt, Renaud est arrivé à parcourir très correctement (sur ô), dans ces exercices de base, l’ambitus d’une octave et demie (environ la1 à mib3 environ). (*)

(*) Nous vocalisions sur des quintes ascendantes, des arpèges d’accords de quintes, quelques arpèges d’accords parfaits et chantions aussi quelques « messa di voce » ! Je me dois de rappeler que les exercices ne représentent qu’un support, c’est la manière de les pratiquer qui seule compte ! A ce propos, ne jamais oublier que les attaques doivent être douces et très nettes, réalisées en près-bâillement, souffle arrêté.

Les billets suivants complètent bien l’explication du travail ci-dessus :

« La place de la voix »

« L’attaque du son »

La gymnastique vocale

Parallèlement à notre vocalisation, je lui en ai enseigné progressivement les principaux éléments. Intégrés en quelques séances, ils ont très vite contribué, tout en tonifiant son articulation, à compléter l’installation de sa respiration profonde… qui doit être à la fois abdominale, costale et dorsale !

Pratiquée juste avant notre vocalisation générale, cette gymnastique constitua bientôt notre principal échauffement !

Elle est abordée dans le billet : « L’articulation dans le chant ».

Progrès importants

Renaud continuait ses cours au conservatoire de (x). Il me dit un jour que notre travail portait déjà des fruits, qu’il se sentait beaucoup mieux et avait moins peur de chanter en général ! Il ajouta que ses aigus n’étaient plus aussi traumatisants… et que ses professeurs lui parlaient de progrès ! (*)

(*) Pourtant, ces fameux aigus, nous ne les avions travaillés « qu’en passant », les voyelles « ouvertes » n’étant pas encore « couvertes » correctement ! C’était uniquement nos relaxations, le taïchi vocal et notre vocalisation de base qui produisaient ce « miracle » !

Je lui annonçai alors qu’il n’était qu’au début de ses progrès et que sa voix gagnerait encore énormément en stabilité et en puissance !

Modulation ô/â

La voyelle « ô » étant maintenant correctement chantée jusque dans le haut-médium, j’ai fait travailler Renaud sur des modulations ô_â_ô, alternées avec â_ô_â afin d’obtenir une bonne ouverture de gorge (sur â). (*)

(*) En effet, un « â » bien émis sur un ré3 (gorge bien ouverte) facilite grandement le travail de couverture ! Nous avons tout d’abord chanté ces modulations en progressant par demi-tons, sur des quintes ascendantes (commencées au do2) en alternant ô et â en note de départ (cela donnait âôâôâôâôâ puis ôâôâôâôâô). Ensuite, dans un tempo assez lent, nous avons modulé ces voyelles sur chaque note de la gamme en commençant par ré2 (âôâôâ puis ôâôâô) sur mib2, etc… jusqu’à ré3.

Comme je le pensais, s’appuyant sur son ressenti correct sur ô, mon chanteur parvint très rapidement à « bâiller » des « â » très valables sur ré3. J’étais content (lui aussi)… notre travail avançait bien.

Nous allions pouvoir aborder la couverture des sons.

La couverture des sons

Pour Renaud, tout se passa fort bien.

Dans un premier temps, je lui ai fait chanter des arpèges d’accord de quinte (do mi sol mi do, en do majeur) sur ââôôâ. Nous commencions sur lab2, afin d’atteindre le haut-médium dans un tempo assez allant et d’aborder la zone de passage d’une façon réflexe… afin d’exclure toute peur.

Pratique :

Avec, au départ, une ouverture de gorge correcte – piliers écartés sans raideur… (*)

(*) A ce sujet, je dis aux élèves, en montrant leur gorge : « Votre bouche est là ».

… et en prévoyant également une ouverture buccale raisonnable, attaquer résolument, sur « â » l’arpège d’accord de quinte avec la succession de couleurs suivante : ââôôâ ! (*)

(*) Avec Renaud qui était baryton, nous attaquions – comme dit ci-dessus - l’exercice sur lab3 afin d’avoir au sommet de l’arpège de quinte un mib3, approximativement son second passage.

Cela donnait donc :

« lab2/do3/mib3/do3/lab2 » (le « ô », gorge grande ouverte, sera donc chanté sur mib3 et devra, pour assurer une fluidité correcte à l’arpège, se prolonger sur do3)

Attention, très important :

Pendant l’exécution de l’arpège, on ne doit changer ni l’ouverture de gorge ni l’ouverture de bouche. Aucun mouvement, comme par exemple celui d’esquisser la forme d’un ô avec les lèvres, ni aucune « raideur » ne sont permis. Dans cet exercice (c’est un exercice) les colorations sont obtenues uniquement par le jeu du palais souple, dans une immobilité complète de tout l’appareil articulateur. Naturellement, l’appui dynamique doit jouer son rôle de soutien à ce moment-là !

On montera ainsi par demi-tons.

Suivront donc ensuite, en note de départ des arpèges : la2 et sib2 et nous atteindrons successivement dans l’aigu mi3 et fa3.

Si l’exercice est réussi, la zone de passage (mib3_fa3) sera chantée « couverte ».

Une fois ce mouvement bien intégré (après une réussite récurrente), on commencera les arpèges respectivement sur si2 et do3. A ce moment-là seulement, les notes les plus aiguës : fa#3 et sol3 (situées au-dessus de la zone de passage) seront pensées « â » (de mât ou âme).

Voir le billet :

« La couverture de la voix 1e partie »

Arpèges de plus en plus longs

Maintenant que Renaud réussissait à chaque leçon son deuxième passage sur les exercices décrits ci-dessus. J’ai compliqué un peu le processus en lui demandant de chanter des arpèges de plus en plus longs et… de plus en plus lentement. Les arpèges d’accords parfaits (do mi sol do sol mi do, en do majeur) succédèrent aux arpèges d’accords de quinte. Puis, presque dans la foulée, nous sommes passés aux arpèges couvrant un ambitus de 10e (do mi sol do mi do sol mi do, en do majeur). Pendant quelque temps, Renaud se perdit un peu dans ses « couleurs » en arrivant sur l’aigu, mais cela ne dura pas. Les colorations et la bonne ouverture de gorge devinrent vite automatiques… tout à fait réflexes !

Quelque temps après ces exploits, nous chantions sans problème, en fin de cours, l’arpège de Rossini (do mi sol do mi sol fa ré si sol fa ré do, en do majeur), sur les voyelles â et é (attention : é bâillé… s’apparentant à la couleur ê).

Inutile de préciser que Renaud ne pensait plus à son geste vocal…

Nous étions sauvés !

« La couverture de la voix 2e partie »

Travail général

Désormais, nos cours étaient organisés comme suit :

Relaxation

Gymnastique vocale

Vocalisation… qui comprenait maintenant tous les exercices qu’un chanteur se doit de faire pour entretenir sa voix.

Voir le billet : « Le cours de technique vocale type »

L’étude de quelques leçons de Vaccaj destinées à peaufiner l’émission et le legato.

Et l’air de la caravane de Marouf que Renaud avait chanté au bilan. (*)

(*) Nous l’avions travaillé tranquillement, phrase par phrase au fur et à mesure de ses progrès. Cela avait été un peu difficile au tout début… car chacun sait que les mauvaises habitudes ont souvent la vie dure ! Mais, très rapidement, il a revêtu un tout autre aspect ! Maintenant, il était chanté très correctement !

La peur des aigus

Elle avait complètement disparu. Renaud se lançait maintenant sur eux presque avec avidité… comme pour se venger !

Je lui ai conseillé un répertoire qu’il proposerait « à l’occasion » à son conservatoire…

L’essentiel des morceaux figure dans le billet :

« Répertoire pour un jeune baryton lyrique »

L’histoire de Renaud se termine. Sa voix est désormais en place et un bon sourire ne le quitte plus !

A bientôt ?

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Jean Laforêt

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