Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 17/12/2018  
 
Le Billet Actu (152/161)

Chronique du Dimanche 07 septembre 2014

Je ne sais pas respirer

Paul V. (Etudiant – 21ans)

Monsieur,

Je viens de découvrir votre site et j’ai lu plusieurs de vos billets. Je suis un étudiant de 21 ans et, bien que non-chanteur (je chante uniquement sous ma douche), je me permets de vous contacter pour un problème de respiration ! Cela pourra vous paraître pour le moins absurde mais, au moindre effort, marche ou petit footing, je suis essoufflé à mort. Je souhaiterais vous rencontrer car j’ai pensé qu’apprendre à chanter pourrait peut-être m’aider ? Je précise que je n’ai aucune maladie cardiaque ou autre !

J’attends votre réponse. Vous pouvez me joindre au (06…)

Bien à vous

Paul

Ma réponse :

Paul,

Merci de votre mail dont je viens de prendre connaissance. Rassurez-vous, votre problème ne m’a pas paru absurde mais tout au plus très inhabituel ! Ce que vous m’expliquez est rare… surtout chez un garçon de 21 ans ! Jusqu’à plus ample informé, je pense comme vous que l’étude du chant – qui passe obligatoirement par celle de la respiration profonde – peut vous être d’un grand secours.

Je vous appellerai demain pour que nous puissions prendre rendez-vous pour un bilan vocal.

Bien cordialement

Jean Laforêt     www.jean-laforet.fr

Bilan vocal de Paul

J’ai reçu Paul quinze jours environ après cet échange de mail. C’est un charmant garçon dont le regard franc et la poignée de main ferme m’ont tout de suite plu ! Sitôt installé pour la conversation qui précède le bilan proprement dit, il m’a raconté en long et en large son problème respiratoire. J’ai souri (et lui aussi) pendant son récit qui, il faut bien le dire, sortait un peu de l’ordinaire. En effet, à 21 ans et sans être malade, il n’est pas courant d’être essoufflé à ce point !

- Il y a longtemps que tu ressens cela ?

- Oui, depuis toujours, je crois. Mais, là, ça commence à m’inquiéter un peu !

- Tu as essayé de faire un peu de sport ? footing, natation ?

- Bien sûr mais je ne tiens vraiment pas le coup ! On dirait un vieillard !

- Tu n’exagères pas un peu ?

- Si peu !

- Est-ce que tu t’essouffles en parlant ?

- Parfois aussi ! c’est un comble !

- Es-tu souvent stressé ?

- Ça oui, pour un oui ou pour un non.

- D’accord…

- Ça pourrait venir de là ?

- Chez certaines personnes, le stress peut amener un certain essoufflement.

Je l’observais pendant qu’il répondait à mes petites questions. Sa nervosité ne faisait aucun doute. C’était peut-être un « agité » qui exagérait beaucoup les symptômes qu’il ressentait ? Je sentais une certaine oppression dans sa voix. Sa respiration était thoracique et faible : il soulevait la poitrine à chaque reprise de souffle. Il respirait peu, très souvent… mais cela n’expliquait tout de même pas tout !

- Tu as passé des examens médicaux généraux et on a rien trouvé ?

- Rien ! Il paraît pourtant que je suis trop nerveux !

- Ça oui… je m’en serais douté !

- Vous croyez que le chant pourrait régler mon problème d’essoufflement ?

- Je n’en sais fichtre rien. Je suis certain, en revanche, qu’apprendre à te relaxer et à contrôler ta respiration t’aiderait beaucoup.

- Comme dans le travail intégral ? j’ai lu le billet qui en parle.

- Oui ! Pour avoir une bonne chance d’amélioration, c’est peut-être ce qu’il conviendrait d’entreprendre. Les relaxations et une bonne pratique de la respiration abdominale me semblent très indiquées dans ton cas.

- Ok, je suis d’accord…

- Mais, avant toute décision, faisons quelques tests généraux qui me permettront de préciser la « stratégie » qui te conviendra le mieux.

Les tests

Ils eurent lieu torse nu et ventre libre.

Paul n’était pas chanteur ! Dans un premier temps, j’ai voulu tester sa respiration à froid, sans qu’il émettre le moindre son. Je lui ai simplement demandé (après lui avoir bien sûr montré l’exemple), de rentrer son ventre tout en soufflant et de le relâcher pour se laisser inspirer. Ce fut peine perdue. Je n’ai pu obtenir la plus petite ébauche de ce geste… pourtant relativement simple pour la plupart des personnes. En fait, il faisait exactement le contraire : il soufflait en sortant son ventre et le rentrait pour inspirer ! (*)

(*) Une respiration inversée ! Quelque part, j’en fus assez satisfait car cela expliquait déjà en partie son souci d’essoufflement.

Sans m’expliquer sur ce premier test et en quelque sorte pour le confirmer, je lui ai demandé de lire à haute voix quelques lignes d’un texte que j’avais à portée de main. Le résultat fut naturellement aussi décevant ; cette simple lecture en voix projetée le fatiguait visiblement… et pour cause ! C’était tout à fait net : Paul « respirait à l’envers », rentrant le ventre pour inspirer et le lâchant en commençant ses phrases…

- Vous voyez, même la lecture m’essouffle !

- C’est vrai… mais, soit content ! Elle a permis de confirmer chez toi un très gros défaut respiratoire !

- Ah bon ?

- Oui, ta respiration est « inversée » !

- Inversée ?

- En fait, ton geste respiratoire est – comment dire – paradoxal. Il ne répond pas aux normes habituelles !

- ????

- Mais cela s’arrange, fais-moi confiance !

- C’est ce qui m’essouffle ?

- Je pense que oui, en grande partie ! En fait, ton ventre rentre à chaque inspiration alors qu’à ce moment-là, il serait normal qu’il se décontracte pour laisser entrer l’air…

- ????

- Je t’expliquerai mieux tout cela. Mais, pour l’instant, continuons nos tests…

Bien que je sois sûr à l’avance du résultat, je lui ai fait exécuter une marche rapide sans déplacement (du sur-place) pendant quelques instants. J’ai constaté qu’effectivement, là encore, il se fatiguait beaucoup trop… le contraire eut été étonnant !

Il me dit alors :

- Vous pensez vraiment quoi ?

- Je viens de te le dire… ta respiration te joue un très vilain tour !

- Je vous le disais bien, je ne sais pas respirer ! Tout ça m’énerve. J’en ai même une boule au creux de l’estomac !

- Maintenant ?

- Oui !

- Finalement, tu es un garçon très angoissé ?

- …

- Tu ne réponds pas ?

- Oui, je pense !

- Tu dors bien ?

- Mon cœur tape souvent le soir.

- Tu en as parlé au médecin ?

- Bien sûr ! J’ai eu des examens, des radios, etc. Personne n’a rien trouvé… ça doit être dans ma tête !

- Peut-être pas seulement ! Bon, faisons maintenant quelques essais avec la voix.

En premier lieu, ils révélèrent que Paul avait une excellente oreille ! Ouf, c’était déjà ça ! Nous avons parcouru cahin-caha un ambitus d’une octave et demie (la1/mi3) sur diverses voyelles.

Le travail vocal serait donc possible.

J’étais maintenant certain que, s’il me faisait confiance et s’accrochait, nous arriverions à un bon résultat. En l’absence de réels soucis médicaux (cœur, poumons ou autre bronchite chronique…), sa très mauvaise respiration et son tempérament angoissé représentaient obligatoirement une partie non négligeable (sinon la totalité) de son problème. (*)

(*) J’avais déjà fait travailler des personnes ayant une respiration inversée. Je connaissais donc bien le sujet et j’étais de plus en plus certain d’amender cette difficulté chez Paul avec un travail vocal intégral. La seule inconnue pour moi était : combien de temps faudrait-il ?

Décision de travail

Après lui avoir exposé longuement le résultat de son bilan, je lui ai expliqué par le menu ce que - à mon avis - il conviendrait de faire pour avoir les meilleures chances de réussite le plus rapidement possible ! Cela se résumait à trois choses principales : relaxations, travail pointu sur le souffle abdominal et réalisation d’un équilibre pneumo-phonique correct !

Nous avons finalement décidé d’entreprendre un travail intégral, le seul susceptible de pouvoir à la fois l’aider à résoudre consciemment l’aspect « mécanique » de sa fonction respiratoire et calmer une nervosité qui paraissait bien installée chez lui !

Voir le billet : « Le chant thérapie, un travail vocal intégral »

Paul était parfaitement conscient que j’avais sans doute découvert la cause principale de son problème et je sentais l’espoir renaître en lui. J’étais moi-même tout à fait convaincu qu’une amélioration significative – sinon définitive - de son état ne manquerait pas de se produire.

Il faudrait néanmoins se montrer patient… je savais aussi que, ce défaut étant « installé » depuis longtemps, le traitement risquait d’être assez long !

Le premier cours

Paul arriva tout content et plein d’espoir à son premier rendez-vous… de vrai travail !

- J’avais hâte de commencer !

- Tu as déjà fait des relaxations ?

- Non, jamais !

- Donc, aujourd’hui ce sera la première ? Ne te désespère surtout pas si tu ne parviens pas à te détendre complètement. Mais, dis donc, tu me parais tout excité !

- Un peu oui ! l’appréhension sans doute …

- Tu n’as vraiment rien à craindre, tout se passera bien !

Tout se passa le mieux du monde en effet ! Après cette première relaxation, il me dit avoir pris conscience – pendant sa détente - de tensions au niveau de l’estomac et du ventre. Il m’apprit aussi qu’elles lui semblaient maintenant moins présentes.

« En un mot, il sentait son corps plus libre après cet exercice de détente ! » (*)

(*) Je le cite : « Comme… s’il lui manquait quelque chose » (à son corps) !

Dans les exercices de taïchi qui suivirent, j’ai profité de cet état de « grâce » pour commencer un travail de respiration abdominale. Mon premier geste a été d’appuyer délicatement sur son ventre en lui demandant de souffler doucement. Son corps étant assez détendu, j’espérais provoquer ainsi « au moins » un début d’expiration abdominale… mais j’en fus pour mes frais. Rien de vraiment significatif ne se produisit… son ventre refusait obstinément de se mouvoir en rejetant la plus petite parcelle d’air… et ceci malgré moult essais, après exemples et explications !

Paul expirait « à l’envers », en abaissant son sternum tout en sortant son ventre !

C’était bien un cas « avéré » de respiration inversée ! (*)

(*) Petit rappel en deux mots : les personnes ayant ce problème rentrent le ventre en inspirant et le sortent en soufflant (donc aussi en parlant…) ! J’avais eu à m’occuper de plusieurs élèves ayant cette difficulté et cela n’avait jamais été simple de leur apprendre à rétablir une respiration normale ! Je pense notamment à un monsieur de cinquante ans, standardiste de métier. Il m’avait dit lors de son bilan qu’il terminait ses journées de travail totalement épuisé ! Rétablir chez lui une respiration correcte avait été particulièrement difficile… mais, après beaucoup de patience, nous y étions parvenu !

Ce jour-là, après le massage général qui suit le taïchi (massage qu’il apprécia beaucoup), j’ai renouvelé les exercices précédemment cités. J’ai alors obtenu – avec un « ouf » de satisfaction - un encourageant « semblant » de respiration abdominale en toute fin de séance.

Le massage avait donc joué un rôle déterminant !

En me quittant, Paul me promit de s’entraîner tous les jours à… (je cite) : « souffler avec son ventre » en attendant notre prochain rendez-vous !

Les cours suivants

Ils montrèrent une lente progression… assez sure, mais très lente. Cependant, Paul gardait sa motivation intacte, c’était l’essentiel ! Il accepta même, sur ma demande, d’essayer de se relaxer un peu chaque jour chez lui !

Je lui avais dit à la fin d’un cours :

- Tu pourrais essayer de te relaxer une dizaine de minutes par jour ?

- Tout seul ?

- Mais oui !

- Quand ?

- Dans la journée, si tu en trouves le temps ou le soir ? Enfin c’est toi qui vois ! Crois-moi, même si la détente que tu obtiens n’est pas parfaite, elle te fera le plus grand bien et contribuera à faire avancer nos affaires…

- Avant le dîner, ce serait bien ?

- Ce serait vraiment parfait ! Essaie d’écouter ma voix « dans ta tête » pour reproduire un peu ce que nous faisons ici.

- OK, je vais le faire !

Voir le billet : « La relaxation pour mieux chanter »

Je suis convaincu qu’il tint parole car, très vite, ses détentes devinrent plus profondes. J’étais désormais presque certain que ce garçon avait accumulé et vécu depuis longtemps avec d’énormes tensions internes. J’ai même imaginé qu’un traumatisme dans sa petite enfance avait pu déclencher le processus d’inversion respiratoire… mais je n’osais pas aborder le sujet, du moins pas encore. (*)

(*) En fait, je croyais possible qu’une grande peur ait jadis contracté tout son corps… et que celui-ci en garde encore le souvenir aujourd’hui ! D’autre part, il était évident que les relaxations, le taïchi et les massages semblaient « quelque part », le rassurer ! Il s’abandonnait et s’ouvrait de plus en plus…

Révélation

Un jour, après une bonne détente et un taïchi particulièrement réussi… et aussi quelques questions de ma part pour l’orienter sur le sujet, Paul m’apprit que sa mère lui avait confié un jour que sa naissance avait été vraiment très laborieuse.

Cela m’interpella aussitôt…

« Le nouveau-né avait-il ressenti une grande peur à ce moment-là ? peur que son corps aurait conservée en mémoire et dont Paul pouvait ressentir les effets encore aujourd’hui ? »

Nous n’aurions certainement jamais de vraie réponse ni de certitude… mais en parler ne pouvait à mon avis que désamorcer un peu le problème, si toutefois un rapport existait…

- Tu as toujours eu ce souci de respiration m’as-tu dit ?

- Oui, depuis tout petit, me semble-t-il !

- Tu pourrais imaginer qu’il ait pu se déclencher à la suite d’une grande peur que tu aurais pu ressentir au moment de cette naissance difficile dont tu me parles ?

- Quoi ?? Je n’en sais vraiment rien !

- Moi non plus, mais…

- Une telle chose est possible ?

- On peut au moins l’imaginer ! De toute façon, évoquer une telle possibilité ne te fera aucun mal, tout au contraire. Si ton problème est lié à cela, tu pourrais, tout à fait consciemment maintenant, essayer de te délivrer de cet épisode !

- Comment, puisque je ne me souviens de rien !

- Simplement en imaginant, pendant les relaxations notamment, ne pas ressentir cet « éventuel » traumatisme…

- Vous croyez ?

- Cela ne peut te faire que du bien. Tu ne risques rien d’essayer ?

Et il essaya…

Désormais, une fois bien relaxé, il imaginait – en évoquant son enfance et son adolescence – ne ressentir aucun problème d’essoufflement. Naturellement, je l’aidais de mon mieux, par mon discours, à créer des images positives… (*)

(*) Paul se prenait au jeu et faisait très sérieusement cet exercice de visualisation, somme toute très éloigné d’un cours de chant ordinaire !

Il me disait ensuite s’être vu courir joyeusement avec d’autres enfants ou, adolescent, faire du footing avec des copains en ne ressentant aucun souci respiratoire… ou encore réciter facilement de longues tirades, etc.

Ce « jeu » nous amusait et j’espérais qu’il nous aiderait à gérer son problème. De toute façon, nous ne risquions rien…

Travail du souffle en position allongée

Deux mois étaient passés. Paul arrivait maintenant – et de mieux en mieux - à réguler son souffle pendant le taïchi. Il pouvait, après avoir soufflé doucement (avec son ventre, ouf !), reprendre une inspiration abdominale tout à fait correcte. Cela m’encouragea à lui en demander « un peu plus » ! J’ai ajouté à son programme deux exercices – relativement simples pour la plupart des élèves, mais difficiles pour lui…

Le premier de ces exercices (respiration rythmée) est expliqué dans le billet :

« Je perds mon aigu »

Vous trouverez le second, plus difficile, dans le billet :

« Les notes aiguës… mon problème ».

Equilibre pneumo-phonique, cris et petite vocalisation.

Progressivement, et tout en continuant le travail décrit ci-dessus, j’ai décidé d’ajouter à notre programme des séries de « cris » divers destinés à lui faire sentir physiquement l’interaction de l’appui du souffle avec la voix et favoriser plus tard un « réflexe de réactivation diaphragmatique » pendant le discours en voix parlée. (*)

(*) Cela était devenu possible car ses progrès respiratoires étaient désormais suffisamment affirmés !

Voir des détails dans les billets :

« La technique vocale fondamentale »

« Les fondamentaux de la technique vocale »

Suivait une petite vocalisation, réalisée en position verticale cette fois-ci. Elle consistait seulement à produire quelques quintes sur « ô » sur un ambitus d’une octave environ, en soignant particulièrement les attaques. Je ne visais aucun challenge, il s’agissait seulement de l’application vocale simple de notre travail de cris en position allongée. En revanche, j’étais intraitable sur la bonne exécution des réactivations diaphragmatiques à chaque reprise de souffle !

Et la position verticale est toujours beaucoup plus difficile pour cela…

Quelque chose bouge !

Quelque temps après, en arrivant à son cours, Paul me dit tout rayonnant, que « quelque chose semblait bouger » ! Il s’était senti, toute cette dernière semaine, moins essoufflé !

- Donne-moi quelques précisions…

- Eh bien, par exemple, même en marchant vite, je n’ai pas les mêmes mauvaises sensations qu’auparavant !

- Ce mieux date de cette semaine ?

- Non, de plus longtemps ! mais cette fois-ci, j’ai vérifié… en poussant un peu la machine.

- Comment ?

- Par exemple, en marchant vite, exprès…

- Tu avais conscience de respirer plus avec ton ventre ?

- Sûr ! Je fais sans arrêt attention à ça ! Comme tu m’avais expliqué une fois, je souffle pendant trois pas et je me laisse inspirer pendant le quatrième !

- Tu avais retenu ce petit truc ? C’est très bien ! J’espère que bientôt le bon réflexe sera pris et que tu n’auras plus à faire attention à ce point ! J’employais cette façon de respirer quand je faisais du cross… il y a bien longtemps !

- Tu courais ?

- Un peu seulement…

- J’arrive aussi à parler en gardant mon air, comme dans les exercices sur « ô » !

- Ah, très bien ! Bientôt, nous ferons une fable de la Fontaine pour appliquer plus concrètement ces trouvailles en voix parlée… Tu en connais une ?

- Le corbeau et le renard !

- Je préfère « La laitière et le pot au lait »… elle me semble plus adaptée. Commence à l’apprendre à l’occasion ?

- OK !

La gymnastique vocale

Les progrès de Paul étaient maintenant tels que j’ai pensé pouvoir lui en enseigner progressivement tous les éléments. Bien m’en a pris car, en quelques cours seulement, il les intégra assez bien. Quelques petites erreurs subsistèrent quelque temps ; je les corrigeais sur le champ, ne laissant s’installer aucune incertitude.

Constatant que son « essoufflement » continuait à régresser, il coopérait à 1000% et son enthousiasme faisait plaisir à voir.

Voir des explications sur la gymnastique dans le billet :

« L’articulation et la chant »

Bien qu’il soit venu me voir pour un souci exclusivement « respiratoire », Paul était très sensible à l’amélioration de sa voix. De cours en cours, elle se plaçait davantage et devenait à la fois plus tonique et plus timbrée.

Un jour, il me dit :

- J’aimerais bien chanter quelque chose…

- OK, c’était prévu ! Mais, d’abord la fable…

Fable et chanson

En fait, ces deux exercices « plaisants » commencèrent pratiquement ensemble quelque temps après.

Paul avait appris très vite le texte de « La laitière et le pot au lait ». Je lui ai fait travailler tout d’abord en lecture « recto tono » (sur le même ton) en surveillant drastiquement ses réactivations diaphragmatiques. Tout se passa au mieux, l’essoufflement de jadis semblait s’être comme envolé ! Bientôt, il récita la fable avec conviction, comme un comédien en herbe !

Il s’amusait beaucoup avec cet exercice qui lui donnait, tout comme la marche rapide, une affirmation concrète de ses progrès !

Voir les billets :

« Parler m’épuise complètement »

« Comment doit-on respirer »

Côté chanson, nous avons choisi « Le plat pays » de Jacques Brel. Paul appréciait Brel… et cela n’était pas pour me déplaire ! De plus, bien que cette chanson soit assez difficile, son tempo relativement lent lui laissait le temps de bien placer ses respirations…

Tout allait pour le mieux !

Epilogue

Vous l’avez deviné… l’histoire de Paul s’achève. Le cauchemar qui l’avait amené vers moi semble maintenant vraiment terminé !

Il avait diablement eu raison de faire confiance au cours de technique vocale pour en venir à bout et… quelque chose me dit que, désormais, il ne poussera pas la chansonnette seulement sous sa douche !

Il continue à venir me voir de temps en temps pour entretenir sa respiration… et aussi chanter quelques chansons…

Il semble avoir pris le virus du chant…

A bientôt ?

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Jean Laforêt

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