Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 17/12/2018  
 
Le Billet Actu (21/161)

Chronique du Premier mai 2006

L'expiration contrôlée du chanteur.

Natalina S. (professeur de chant)

« C'est toujours un plaisir de voir la façon bienveillante dont vous répondez aux personnes. ( Merci, Natalina…) Avez-vous pensé à parler de l’autre phase de la respiration, « l’expir » ? Dans une certaine émission l’on voit un professeur aplatir l’abdomen d’un jeune homme comme une crêpe, empêchant ainsi le diaphragme de remonter !

Je ne sais pas ce que vous préconisez mais, en ce qui me concerne, je fais appel aux muscles transverses qui, par leur mode de fonctionnement, n'aplatissent pas le ventre comme les grands droits mais aident le diaphragme à remonter de façon contrôlée !

Ceci fait partie des choses que je souhaitais vous soumettre car avant de vous (rencontrer), je me sentais un peu seule dans ma démarche vocale…

Petite présentation :

Natalina est chanteuse professionnelle ; elle a fait ses études musicales au CNSM de Paris. Originaire du Cap-Vert, elle enseigne actuellement le chant en Amérique Centrale, où les hasards de l’existence l’ont conduite, loin de la France (qu’elle espère bien regagner assez prochainement). Amoureuse de la voix sous toutes ses formes, elle est vraiment passionnée par l’Art du Chant, sa technique… et en parle avec fougue. Elle me fait l’amitié de m’écrire assez souvent et d’évoquer divers sujets intéressant la technique vocale, émanant soit d’elle-même, soit de sa classe de chant… Son mail, ci-dessus, soulève un problème qui intéressera sans doute de nombreuses personnes, tant chanteurs que comédiens.

Donc, voici ma réponse, Natalina.

Si l’on veut contrôler la bonne réalisation d’une expiration destinée au chant (ou au texte projeté…), on peut procéder de la sorte :

Une fois le souffle abdominal pris correctement, il faut le distribuer régulièrement, donc : réguler son débit… La façon la plus simple pour cela est de conserver « les côtes flottantes écartées » pendant cette expiration.

Cela exclut – comme vous le soulignez très justement – toute action volontaire et intempestive des muscles grands droits de l’abdomen ! Une légère impulsion abdominale (simple amorce de rentrée) commençant au hara inférieur (partie sous-ombilicale) doit seule se produire juste avant l’attaque du son. Le ventre lui-même ne rentrant que très progressivement, en tension, pendant l’exercice ou la phrase chantée qui suit ; aucun déplacement « vertical » du buste ne doit se produire !

Voici un petit test qui vous permettra de sentir cela :

Après avoir pris une inspiration abdominale correcte (correcte, j’insiste), expirez pendant quelques secondes – les côtes flottantes restant écartées - en produisant un « pss… » avec une certaine force : vous sentirez alors obligatoirement le bon processus (la préparation du P de pss – un peu accentuée – marquera l’impulsion abdominale citée plus haut).

Pendant cette expiration contrôlée, l'épigastre (le creux de l'estomac pour simplifier), doit bomber légèrement (et souplement). Ce test – réalisé en bonne posture – est un excellent moyen de contrôle de la dynamique expiratoire du chanteur ou du comédien…

Essayez, Natalina, et vous serez satisfaite, j’espère, de constater que nous sommes d’accord !

Nota important : Soyez indulgente pour le professeur qui, à la télévision, aplatissait - selon vous - le ventre d’un jeune homme comme une crêpe ! Il faut se méfier des interprétations que l’on peut faire dans ces cas-là car on se trouve souvent hors contexte. Peut-être ce professeur essayait-il, à cet instant précis, de corriger un mauvais geste qui gênait l’émission vocale ? Ce jeune homme avait peut-être une propension, à ce moment-là, à pousser son ventre vers l’avant pour assurer son appui (ce qui aurait été un énorme défaut et pouvait compromettre, par exemple, un aigu). Le geste du professeur, dans un cas comme celui-là, se serait trouvé parfaitement justifié ! Peut-être même lui indiquait-il tout simplement d’accentuer davantage l’impulsion abdominale ?

Voilà, Natalina, pour le petit survol... expiratoire !

PS : Rassurez-vous, je n’oublie pas vos autres questions… Permettez-moi de les traiter lors d’un prochain billet…

Bien amicalement à vous et aux élèves de la classe.

À bientôt ?

 

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Jean Laforêt

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