Chronique du 05 juin 2006
Stéphane Dieutegard - Basse
 Stéphane Dieutegard |
Aujourd’hui ce billet ne répondra à aucune question de technique vocale, n’annoncera aucune audition d’élèves, ne sera pas davantage un compte rendu quelconque ! Il sera entièrement consacré à Stéphane Dieutegard, un chanteur particulièrement remarquable (Brillant lauréat du Concours Supérieur de l'UFAM en 2005).
Qui est Stéphane ? Un de mes élèves parmi les plus doués dont j’ai déjà parlé dans la chronique du 13 juin 2005, écrite à l’issue du concert annuel des « classiques ». Dans ce billet, que vous pouvez consulter via « le billet actu » en cliquant sur « liste des billets », je racontais brièvement la petite histoire de notre rencontre et lui prédisais, après son excellente prestation de ce jour-là, un très bel avenir musical !
Aujourd’hui, je me dois d’en dire plus sur Stéphane qui possède un faisceau de qualités assez exceptionnel. Ces qualités en font désormais une valeur musicale sûre.
C’est tout d’abord un musicien accompli. Très bon pianiste (Premier Prix de piano du Concours Supérieur Bellan), l’étude des partitions les plus difficiles ne lui pose aucun problème. De plus, il parle couramment, en plus du français : l’anglais, l’allemand, et assez bien le russe ! Je pense même oublier quelques langues au passage… oui, le grec !
Quant à la voix de Stéphane (basse profonde), elle est très particulière (on ne peut la confondre avec aucune autre). Le timbre est coloré et chaud, d’une qualité rare. Sa tessiture est longue, même très longue (Ré1 au fa3). Je dis bien : « tessiture » et non « étendue » ! Cela signifie que ces notes peuvent être chantées dans des morceaux et pas seulement esquissées en exercice. La puissance est là également, présente sur toute la tessiture, ainsi que le fameux « creux » qui signe les très belles voix de basses dans l'extrême grave !
Il me faut maintenant vous parler de ses goûts musicaux ... mais, Stéphane est difficile à cerner de près sur ce sujet : c’est un dévoreur de musique, de toutes les musiques classiques ! Il a la passion de la recherche, fouillant tout le répertoire convenant à sa voix ; les œuvres rares, peu chantées ou qui ont été plus ou moins oubliées recueillent souvent sa préférence !
Il a ainsi « exhumé » de nombreuses mélodies françaises qui m’étaient pratiquement (voire complètement) inconnues et que j’ai découvertes ou redécouvertes grâce à lui. Chanter en français, ce qui est difficile (tout le monde le sait), l’excite particulièrement et nous devons souvent détailler (pour mon plus grand plaisir d’ailleurs) la façon de prononcer tel mot, de colorer telle nasale, d’obtenir tel phrasé, etc.
Je pourrais parler de lui longtemps encore mais je dois laisser la place… à son répertoire que je veux vous présenter maintenant. Vous verrez qu’il est copieux et varié, allant de l’opéra à la mélodie…
Dans chacun des opéras cités ci-dessous, des airs significatifs…
L’opéra français :
Gounod : Méphisto, dans Faust ; Vulcain, dans Philémon et Baucis ; Soliman, dans la Reine de Saba
Halévy : Brogni, dans la Juive
Lully : Charon, dans Alceste ; Momus, dans Psyché
Massenet : Don Quichotte, dans Don Quichotte ; Don Diègue, dans le Cid ; Phanuel, dans Hérodiade
Meyerbeer : Marcel, dans les Huguenots ; Pierre, dans l'Etoile du Nord
Thomas : Le Roi, dans Hamlet ; Lothario, dans Mignon
Berlioz : La damnation de Faust
Bizet : Ralph, dans la Jolie Fille de Perth
Debussy : Arkel, dans Pelléas et Mélisande
Saint-Saëns : Le Légat, dans Henri VIII
L'opéra italien :
Rossini : Don Basilio, dans le Barbier de Séville
Donizetti : Pasquale, dans Don Pasquale ; Raymond, dans Lucia
de Lammermoor
Verdi : Philippe II, dans don Carlo ; Ferrando, dans le Trouvère ; Silva, dans Ernani ; Banco, dans Macbeth ; Fiesco, dans Simon Boccanegra
Ponchielli : Alvise, dans la Gioconda
Puccini : Colline, dans la Bohème
Bellini : Rodolfo, dans La Somnambule
Boïto : Mefisto, dans Mefistofele
Mozart : Masetto et Leporello, dans Don Giovanni
L'opéra allemand :
Mozart : Zarastro, dans La Flûte Enchantée ; Osmin, dans l'Enlèvement au Sérail
Cornelius : Abdul, dans le Barbier de Bagdad
L'opéra russe :
Tchaïkovski : Gremine, dans Eugène Onégine
Moussorgski : Pimène, dans Boris Godounov
Borodine : Konchak, dans Le Prince Igor
Également :
Des oratorios :
Extraits de Alexander's Feast (Haendel) et de la Création (Haydn)
Les lieder pour basses de Schubert
Des mélodies françaises :
De Gounod, Bizet, Liszt, Saint-Saëns (dont : le Pas d'Arme du roi Jean), Massenet, Fauré, Duparc, Poulenc, Lalo, Tosti, Berlioz, Séverac, etc.
Des mélodies russes de Tchaïkovski ; des mélodies de Chostakovitch
Des airs de concerts de Mozart et Rossini
Ce répertoire croît et embellit de jour en jour…
Stéphane Dieutegard a l’intention de se consacrer au concert. Il meurt d’envie de se donner entièrement à sa passion : chanter… chanter pour de vrais publics !
Je vous dirai tout, le moment venu, sur ces manifestations (lieux, dates, programmes, etc.) pour que vous puissiez, comme moi, venir l’encourager et l’applaudir comme il le mérite !
Et qui sait… l’aider à franchir l’étape décisive qui le mènera là où il veut aller !
À bientôt ?
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Jean Laforêt