Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 17/12/2018  
 
Le Billet Actu (27/161)

Chronique du 17 juillet 2006

Le registre de tête en voix masculine pleine

Plusieurs personnes m’ont demandé des précisions à la suite de mon l’article traitant des registres vocaux au sujet de l’appellation « registre de tête » que j’ai employée pour désigner le puissant registre commençant au deuxième passage de la voix pleine masculine.

J’ai donc décidé de préciser ma pensée dans ce billet afin de dissiper toute équivoque.

Le problème :

Il est vrai que, pour beaucoup de chanteurs, l’expression « passer en voix de tête » signifie : passer en fausset ou passer (en tout cas) en une voix plus petite que celle que l’on quitte…

Ce questionnement sur le fameux troisième registre de la voix pleine (que j’ai nommé « registre de tête », alors qu’il est le plus puissant de la voix masculine) se trouve donc, somme toute, parfaitement justifié.

Je suis finalement heureux d’avoir l’occasion de développer un peu mon propos et d’ajouter les quelques explications complémentaires qui suivent.

Pourquoi ai-je qualifié ce registre de : « registre de tête » ?

Mais tout simplement parce que les notes le composant se servent essentiellement des résonances de tête ! Elles sont puissantes, je vous l’accorde mais… ne parlons-nous pas du troisième registre de la voix pleine masculine ? La puissance, ici, est normale et n’a strictement rien à voir avec une appellation quelconque. Voix de tête, dans ce registre de plénitude vocale, ne signifie pas « voix plus faible », bien au contraire !

Voici un exemple qui, je le pense, sera assez parlant :

Demandons à un baryton d’exécuter un arpège aboutissant au sol3 en le priant de garder une main sur sa poitrine pendant cet exercice. Il sentira les vibrations thoraciques, très présentes tout d’abord dans le grave et le bas-médium décroîtrent puis… pratiquement s’arrêter aux environs de mi3 (approximativement son second passage). L’aigu, à partir de cette zone, est perçu principalement en tête !

Ce sol3 est donc bien une note de tête, émise en pleine voix, ce qui n’est pas incompatible, loin de là !

Petite récapitulation :

Le terme « pleine voix » désigne pour moi l’ensemble des notes chantées par un homme dans sa « plénitude vocale » ; cette « pleine voix » est formée de trois registres ; l’appellation « registre de tête » (compte tenu de la démonstration faite dans l’exemple ci-dessus) me paraît donc être la meilleure (et sans doute la seule) façon de qualifier ce troisième registre de la voix pleine masculine !

Vous me disiez aussi : « La voix de fausset et la voix mixte appuyée étant également des voix de tête, cela en fait donc trois ? »

Eh oui ! Cela en fait trois… au moins ! Naturellement, le fausset (falsetto) et la voix mixte appuyée (surtout dans l’aigu) sont a fortiori des voix de tête puisqu’elles se servent exclusivement des résonances de tête. Ces appellations ne prêtent généralement pas à confusion, évoquant des sons plus légers… mais entretiennent néanmoins (vous le constatez) un certain « flou… artistique ».

Mais qu’importe… ce ne sont que des mots… il suffit de savoir de quoi l’on parle.

Une autre confusion (hors sujet) est aussi très courante :

Lorsque l’on dit que tel ténor possède un « UT de poitrine » cela veut tout simplement dire « un UT en pleine voix », donc… forcément en registre de tête… de pleine voix (et jamais en voix de poitrine authentique qui, elle, prend fin aux environs du do3/ré3 ).

Croyez-moi, même ces ténors-là (possédant un UT en pleine voix) sont plus rares que l’on croit : un beau mixte, bien coloré et très appuyé, étant plus souvent au rendez-vous du « si » ou du « contre-ut » que la voix pleine légitime...

J'espère avoir été suffisamment clair, malgré la difficulté du sujet ?

A bientôt ?

 

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Jean Laforêt

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