Billet du Jeudi 28 décembre 2017 : Gros souci vocal
Dernière mise à jour : 19/12/2018  
 
Le Billet Actu (31/161)

Chronique du 17 septembre 2006

 

Comment sortir mes aigus ?

Cette question m’est souvent posée, notamment par les chanteurs de rock. Il m’est difficile d’y répondre simplement car, en fait, le travail spécifique des aigus intervient seulement quand les fondamentaux de la voix sont acquis. De plus, chaque cas est particulier. On ne rate pas ses aigus pour les mêmes raisons… Dans un premier jet, je suis donc tenté de répondre à cette question :

« En travaillant correctement votre voix ! »

Permettez-moi une petite comparaison :

Si l’on compare la construction d’une voix à celle d’une maison, l’aigu de la voix sera figuré par le haut du toit de la maison, peut-être la cheminée… ou même la fumée sortant de celle-ci. Je sais que le parallèle est un peu lointain mais je pense qu’il a le mérite d’être parlant.

Pour la voix comme pour la maison, il faut d’abord construire les fondations, puis les murs. Le toit vient seulement ensuite. L’aigu, c’est le haut du toit, il se construit en dernier !

Cependant, certains chanteurs possèdent une voix naturellement placée… et un aigu correct. Ils sont excessivement rares. Ceux-là ont conservé, adultes, la spontanéité du bébé et chantent sans qu’aucun blocage ne vienne freiner leur expression vocale. Leurs « fondations » sont saines, leur corps est ouvert.

Avec une bonne oreille, ils chanteront facilement, bien et sans se fatiguer, en se calant sur tel ou tel modèle qui leur convient. Un problème existe cependant pour ces surdoués. S’ils ont par malheur un ennui vocal quelconque qui rompe ce bel équilibre pendant un certain temps, ils ne retrouveront que très difficilement leurs marques.

La maison, avec sa belle cheminée toute neuve leur avait été donnée, ils n’en connaissent pas les plans… La reconstruire sera terriblement difficile pour eux…

Mais, quittons « l’exception » ! Si vous faisiez partie de ces chanteurs privilégiés, vous ne m’auriez sans doute pas posé la question qui est l’objet de ce billet.

On peut qualifier, selon les cas, les sons aigus qui posent problème de : poussés, serrés, étriqués, fluets, inexistants, etc. Ils sont toujours fatigants ou désagréables pour le chanteur, souvent laids de surcroît… et presque toujours faux ! Chez quelques chanteurs, ils ne sortent même pas du tout ! Ceux-là croient, souvent à tort, n’avoir aucun aigu !

Dans tous les cas exposés ci-dessus, les notes aiguës sont mal intégrées dans le corps, mal « placées », peu ou pas appuyées correctement.

Si « Dame Nature » ne vous a pas du tout aidé (ou mal servi), il vous faut absolument réaliser un travail vocal fondamental (voir billet : Le Chant Thérapie). Il faut ouvrir la « voie » à votre voix, apprendre à construire votre « maison » vous-même ! Les aigus corrects, beaux, puissants et non fatigants sont à ce prix. C’est le seul moyen valable que je connaisse pour les obtenir.

Cependant, certains et certaines d’entre vous ont déjà un bon bagage technique et butent tout de même sur leurs aigus. Je vais essayer de vous aider en rappelant ici un principe très simple que l’on oublie trop souvent.

Dans toute augmentation d’intensité - ou de tonalité - l’effort expiratoire augmente.

Donc, pour chanter un aigu, la pression expiratoire doit s’accroître (parfois de beaucoup si la note à atteindre est vraiment haute). Si l’appui vocal est mal dirigé, si la pression du souffle est trop faible (ou les deux à la fois), le son aigu n’a aucune chance de sortir et encore moins de s’épanouir. Cela reste vrai même si l’interprète ouvre la gorge et possède un bon souffle abdominal !

Dans ce cas-là, un aspect technique fondamental, l’appui au sol, revêt une importance capitale : il faut vraiment en tenir compte !

En essayant d’appliquer ce principe simple, avec les seuls moyens et connaissances qui sont les vôtres actuellement, vous pouvez améliorer vos aigus ou espérer commencer à les atteindre, même s’ils sont très récalcitrants…

Voici comment procéder :

Avant de lancer la note (ou la phrase chantée) qui vous pose un problème, prenez conscience de votre appui au sol en suivant les quelques indications qui suivent :

1) Juste avant de lancer votre note : a) pliez très légèrement les genoux b) sentez la souplesse de votre bassin et ancrez-vous comme pour un assaut de Karaté !

2) Lancez votre note (ou votre phrase chantée) en imaginant vous enfoncer encore plus dans le sol. Votre aigu doit être dirigé vers votre périnée. Ne serrez surtout pas les fesses, le corps doit être « ouvert»…

3) Maintenez cette statique un peu fléchie tout au long de la note (ou de la phrase).

La réussite ne sera sûrement pas parfaite d’emblée mais vous constaterez sans doute que votre gorge a été épargnée par cet aigu réalisé d’une manière un peu inhabituelle pour vous…

Vous avez éloigné, en procédant de cette façon, l’effort vocal de la région du cou pour le transporter beaucoup plus bas dans le corps.

Bien évidemment, si vous avez de gros défauts vocaux (corps ou gorge complètement serrés, une méconnaissance totale du souffle abdominal, etc.), cette petite « stratégie » ne suffira pas.

Essayez ! On ne sait jamais !

L’augmentation de pression, en parfaite statique, suffit parfois à faire un miracle (ou à l’amorcer… ).

Pendant cette petite opération, surveillez également votre port de tête. La colonne cervicale doit être un peu redressée (donc, menton légèrement rengorgé), ouvrez suffisamment la bouche et ne contractez pas votre langue…

Je sais, cela fait beaucoup de choses à penser à la fois…

Je vous engage aussi à consulter sur le site d’autres billets sur ce sujet. Par exemple celui du 30 juillet : l’Aperto-Coperto… son approche technique (il traite des aigus, pour chanteurs confirmés). D’autres billets vous aideront pour la respiration ou l’appui du souffle… Cherchez !

N’hésitez surtout pas à m’écrire pour m’exposer vos questions. Je vous répondrai toujours le mieux et le plus rapidement possible.

A bientôt ?

 

Pour accéder à la liste complète des billets, merci de cliquer sur ce lien : > Archives des billets actu <


Jean Laforêt

< Billet précédent

Retour au billet actuel

Billet suivant >